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Comment et pourquoi des rumeurs alarmistes ont circulé sur l’arrestation de Guillaume Soro
ont circulé sur l’arrestation de Guillaume Soro
CPI / Week-end agité dans le landerneau politique ivoirien
L’avenir politique et le sort judiciaire de Guillaume Soro intéressent tous les Ivoiriens et même des ressortissants de la sous-région, eu égard aux appels venus de l’extérieur. Les uns, ses vrais amis, sont inquiets pour lui. Toutefois depuis quelques jours, ce sont les adversaires politiques du Premier ministre ivoirien, qui alimentent la chronique. Selon eux, tout va mal pour Guillaume Soro. Ils ajoutent même que tout va mal entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro. UN WEEK-END DE RUMEURS Après les écrits sur le net et autres échos parus dans la presse, le week-end qui vient de s’écouler a été particulièrement alimenté par des rumeurs. Des rumeurs diffusées par les pro-Gbagbo en exil, et relayées en Côte d’Ivoire aussi bien par des LMP que des RHDP. Que disent ces rumeurs ? Elles avancent que Guillaume Soro aurait été arrêté, par un commando français, venu spécialement de Paris, avec un mandat d’amener du procureur Ocampo. «Il est en ce moment même à l’aéroport FHB, en train de rejoindre Laurent Gbagbo à La Haye», a dit un interlocuteur sûr de son fait le Samedi dernier, quelques minutes avant le match Côte d’Ivoire-Guinée Equatoriale. Avant cette trouvaille sur Guillaume Soro en route pour la CPI, il a été balancé la rumeur selon laquelle le Premier ministre était retranché à Bouaké, avec 1000 hommes lourdement armés, pour organiser une fronde et une résistance contre le président Alassane Ouattara. A Yopougon, Accra et Paris, au coeur et au centre des conversations, les uns et les autres prenaient pour appui un article écrit le week-end, par l’IA faisant état des confidences exclusives du Premier ministre sur son avenir politique. Ceux qui alimentaient la thèse de la CPI, et du retranchement de Guillaume Soro à Bouaké, ont affirmé que l’Intelligent d’Abidjan dit avoir localisé le Premier ministre sans dire exactement où il se trouvait. Ils ont ajouté que le journal a confirmé un clash( ?) entre le chef de l’Etat et le Premier ministre. D’autres ont prétendu que l’article avait été commandité, sans donner les justifications objectives d’une telle opération. LA PRESSE INTERNATIONALE ET DES GENS SÉRIEUX S’EN MÊ- LENT La rumeur a été si répandue, que des journalistes de la presse internationale résidents à Abidjan, et des contacts supposés crédibles basés à Paris, ont joint la rédaction de l’IA pour authentifier et demander de vérifier. Le pire, c’est quand des cadres et hauts responsables RHDP ont donné des coups de fil, pour demander si c’est vrai, se permettant même ces commentaires : «Si c’est sur le net, c’est que c’est vrai, il faut vérifier où est le Premier ministre. Paraît que Korhogo est en ébullition, et puis de toutes les façons il n’y a pas de fumée sans feu», a dit un député fraîchement élu sous la bannière PDCI pris de panique. LES RAISONS VRAIES D’UNE RUMEUR Mais qu’est-ce qui a expliqué cet emballement ? A dire vrai, Guillaume Soro, luimême n’est pas étranger à cette situation. Devant toutes les sollicitations de son entourage, dont certains extrémistes l’incitent à un bras de fer avec le chef de l’Etat, et excluent avant longtemps tout départ de la Primature, au profit du PDCI-RDA, le Premier ministre s’est donné un temps de réflexion, et a pris du recul pour éviter d’écouter les oiseaux de mauvais augure, ainsi que les flagorneurs. Depuis lors, rares sont ceux qui parviennent à rencontrer et à localiser le chef du gouvernement. Quand ils sont chanceux, ceux-là mêmes qui se targuent d’être parmi ses plus proches, parviennent juste à communiquer avec lui par sms ; sans pouvoir le joindre au téléphone, encore moins le rencontrer depuis quelques jours. Cela a suffi, pour jeter la panique, et alimenter la rumeur de malaise, et de danger dans la maison Soro. Des rumeurs auxquelles les mêmes extrémistes de la maison Soro ne seraient pas étrangers, comme pour essayer de passer des messages indirects, aussi à Alassane Ouattara. Les tenants de cette thèse, se voulant plus royalistes que le roi, semblent surestimer leur capacité, face aux moyens actuels dont dispose le président Alassane Ouattara. SORO À LA CPI ? ENTRE SONGES ET MENSONGES Dans l’article publié le samedi dernier , l’IA, citant un membre de l’entourage du Premier ministre avait indiqué que la CPI n’est pas à l’ordre du jour pour Guillaume Soro, sauf en cas de changement révolutionnaire ou violent du pouvoir, mettant hors jeu, Alassane Ouattara et tous les alliés réunis au sein du RHDP. Outre l’environnement et le contexte politiques, il se trouve sur le plan juridique, que la justice ivoirienne a entamé une enquête sur les crimes de la crise postélectorale, et sur les atteintes à la sûreté de l’Etat. L’ouverture de cette enquête qui concerne Simone Gbagbo, entre autres, et la soustrait de la CPI, fait que la Cour pénale intrenationale, ne peut pas poursuivre ses enquêtes, et inculper d’autres personnes en plus de Laurent Gbagbo, si ces personnes peuvent être valablement jugées par la justice ivoirienne. En général, la CPI n’intervient pas quand les juridictions nationales ne sont pas en mesure de se saisir d’une affaire. La CPI n’est compétente, qu’en cas de défaillance d’un Etat. Concernant le cas Laurent Gbagbo, l’Etat ivoirien n’a pas ouvert d’enquête et s’est déclaré incompétent, choisissant de coopérer avec la CPI. Comment en l’absence d’une enquête, Guillaume Soro peut-il être inculpé, pour les événements de la crise postélectorale de Décembre 2010 au 11 avril 2011, et faire l’objet d’un mandat d’arrêt ? Quid alors des exactions de Bouaké ? Si crimes de sang, et génocides, il y a eu ils sont assurément imprescriptibles, même si en huit ans de rébellion, des observateurs notent qu’il y a eu moins de victimes établies et estimées, qu’en 6 mois de crise postélectorale. La Cour avait demandé au procureur Ocampo de lui fournir des informations sur les événements ayant eu lieu à Bouaké à partir de Septembre 2002. Toutefois, aucune enquête préliminaire n’a été ouverte. Au vu des faits évoqués. A savoir l’environnement et le contexte politiques, les enquêtes judiciaires en Côte d’Ivoire sur la crise postélectorale en vue d’un procès local, sans coopération avec la CPI, et enfin l’absence d’enquête préliminaire de la CPI sur les actes de la rébellion à Bouaké, comment la rumeur d’une arrestation et d’un transfèrement de Guillaume Soro à la CPI, a-t-elle pu si prospérer en troublant les uns, et en réjouissant les autres ? GUILLAUME SORO BEL ET BIEN ZEN Pourtant, c’est un homme serein et apaisé que l’IA a présenté le Samedi dernier dans ses colonnes. Des agitateurs d’idées du camp Gbagbo ont alors mis le paquet, même si les allégations sur le départ de Guillaume Soro à la CPI, n’ont pas fait l’unanimité en leur sein : «Dramane et Soro jouent à un jeu, et nous nous laissons avoir en balançant de fausses informations, après cette histoire de commando benguiste. Détrompez-vous, et arrêtons de nous laisser distraire de notre objectif, à savoir la libération de Laurent Gbagbo. Dramane et Soro, ne vont pas se battre, et se manger», a dit sur le net un partisan de Laurent Gbagbo, tandis qu’un autre s’enthousiasmait : «Continuons nos prières. Le Seigneur est en train d’entendre nos prières. Nos ennemis vont se diviser et se manger entre eux». ALAIN LOBOGNON RÉAGIT Sur Twitter, le ministre Alain Lobognon, avant d’inviter les fonctionnaires aux saluts aux couleurs, à la place du civisme tour B, ce lundi à 07h30, au détour d’un débat sur le Sénégal, la Can et le championnat anglais, écrira ceci : «On m’apprend qu’hier, après la victoire des Eléphants, une rumeur a donné le PM Soro aux arrêts. Fausses rumeurs». C’était hier aux environs de 14heures. Vers 20heures, il se trouvait encore beaucoup de gens, pour s’affairer, ou demander ou est le Premier ministre ivoirien. Les uns guettaient le journal de 22 heures ou un communiqué de la primature, pour apaiser des inquiétudes et démentir les rumeurs. L’on a eu plutôt droit à un autre message d’Alain Lobognon sur Twitter, après les «Unes» des Bleus sur le Net : «l’homme qui va arrêter Guillaume Soro n’est pas encore né» LE PREMIER MINISTRE À SES BUREAUX AUJOURD’HUI ; CONSEIL DES MINISTRES MERCREDI Au moment où nous mettions sous presse, l’IA a appris hier au moment du bouclage, que sauf changement, le Premier ministre sera à ses bureaux ce Lundi matin. Un agenda qui était prévu, depuis longtemps et n’a rien à voir avec les informations alarmistes et alarmantes, qui ont affolé certaines personnes, tandis que d’autres sortaient le champagne, non pour célébrer la victoire des Eléphants, mais la chute de Kigbafori, le terrible et l’intrépide. Outre la reprise de ses activités ce Lundi, un conseil des ministres prévu de longue date pour le 8 Février, après celui qui a précédé le voyage du chef de l’Etat à Paris et à Addis Abeba, puis encore en France, soit trois semaines déjà, devrait avoir lieu, à la suite d’un conseil de gouvernement demain. Une question reste cependant encore sans réponse : Guillaume Soro et Alassane Ouattara qui sont régulièrement en contact téléphonique jugeront-ils nécessaire de répondre à des rumeurs et allégations, à travers par exemple la présence du chef de gouvernement à l’accueil du chef de l’Etat attendu demain Mardi à Abidjan, sauf changement ?
Charles Kouassi