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N°275 du 3 août 2004 l'Intelligent d'Abidjan
Ny sida 18

CHRONIQUE DIPLOMATIQUE

Chirac s’est-il noyé en Côte d’Ivoire ?

 

En 1958, la France choisit la Côte d’Ivoire et son Premier président Félix Houphouët-Boigny pour entamer sa percée diplomatique et politique en Afrique francophone. Première décision, Félix Houphouët-Boigny accompagne le Général de Gaulle premier président de la cinquième République Française, dans sa campagne du référendum pour la communauté française, en Guinée, au Congo Brazaville, en Haute-Volta. Le Général de Gaulle et la France sortent vainqueur du Référendum. En 1960, la Côte d’Ivoire indépendante reste conforme aux programmes de coopération mis en place par la cell ule africaine de l’Elysée. Copieusement, Georges Pompidou, Valery Giscard D’Estaing, François Mitterrand reconnaissent en la Côte d’Ivoire un parténiare privilégié en Afrique Francophone. Aussi, la France décide t-elle de faire de Félix Houphouët-Boigny, les yeux et les oreilles de l’Elysée et de Matignan en Afrique Francophone. Le chef de l’Etat ivoirien installe sur le sol de la Côte d’Ivoire, une base militaire Française, dont les moyens de protection seront plus confortables que ceux des Forces Armées ivoiriennes. Félix Houphouët-Boigny décédé ; Jacques Chirac arrive. Mais la cohabitation avec le Parti socialiste ivoirien, dirigé par le président Laurent Gbagbo, gâche la vie parisienne de Jacques Chirac, qui ne supporte pas l’ambition politique et économique de son jeune frère Laurent Gb agbo. Depuis deux ans, l’Elysée a révélé aux Ivoiriens que son amitié profonde pour la Côte d’Ivoire, avait pour essentiel le gaz de Jacqueville, l’or et le diamant de Tortiya, la Cie , la Sodeci, la Sitarail. Rien d’autre. Depuis septembre 2002, l’Elysée a montré à l’opinion française et africaine, qu’elle avait des faiblesses pour les choses d’autrui... On a tout de suite compris que ce sont les mêmes habitudes de Georges Pompidou, Valery Giscard D’Estaing qui habitent Jacques Chirac, locataire de l’Elysée. Valery Giscard d’Estaing, en a montré de toutes les couleurs, à l’empereur centrafricain Jean Bedel Bokassa. Mais le président Laurent Gbagbo connaît sans doute, cette réalité de l’Elysée, qu’il découvre encore davant age, en arrivant au pouvoir et au Palais présidentiel de Cocody. Le chef de l’Etat ivoirien veut remettre de l’ordre, immédiatement dans les rapports économiques et politiques Franco-ivoiriens. Résultats, Jacques Chirac se fâche. Personne à Paris, ni ses amis africains tels Omar Bongo du Gabon, Amadou Toumani Touré du Mali, Blaise Compaoré du Burkina, ne peuvent convaincre le chef de l’Etat Français que le remède n’est pas de s’en prendre à son petit frère Laurent Gbagbo. Dans toutes ses déclarations, tant en France, qu’en Afrique, ou ailleurs, Jacques Chirac abreuve de coups, les institutions républicaines ivoiriennes. Manipule l’opposition politique ivoirienne naïve, incendie la Cedeao qui se ridiculise à Lynas Marcoussis à Paris... Deux erreurs diplomatiques de Jacques Chirac qui se sont glissées  dans la légendaire coopération Franco-ivoirienne. Ces erreurs ne sont pas au ssi désavouées par les signataires des accords de Paris, mais les mêmes erreurs ne sont totalement appréciées, par ceux qui n’ont pas pris part aux accords de Lynas-Marcoussis. Depuis deux ans, l’Elysée gère ce contentieux qu’elle a créée elle-même, espérant un jour que le président Laurent Gbagbo va fléchir... mais pourquoi, ni à gauche ni à droite en France, personne n’a conseillé à Jacques Chirac que le remède administré à la crise ivoirienne serait pire que le mal. Reste que la pratique actuelle du président français, n’est certes pas nouvelle en Afrique mais elle se révèle passablement éloignée de l’amitié Franco-ivoirienne, tissée par le président Félix Houphouët-Boigny et le Général de Gaulle. Pour les ivoiriens, ce n’était pas un faux semblant. Il y avait plus : Chirac pour des raisons électorales présidentielles, est venu consulter, il y a quelques années les oracles ivoiriens. Chirac a t-il oublié les résultats heureux de ces consultations ? Félix Houphouët-Boigny cert es, est décédé, mais Yamoussoukro n’est pas détruit. Et tout le monde en Côte d’Ivoire, sait que la “Réussite” politique témoigne de l’appui politique et financier de Félix Houphouët-Boigny et des énormes progrès économiques accomplis par les ivoiriens, en dotant leur pays d’importantes infrastructures économiques qui nourrissent aujourd’hui la France, l’Elysée et Chirac. Au sein de l’Union Européenne, la France connaît des résultats politiques et économiques médiocres, au fait que l’Ump, le Parti politique du président Français, au pouvoir ne contrôle plus rien en France. L’Elysée, Matignan sont obligés d’intimider les pays Africains particulièrement la Côte d’Ivoire pour lui céder une fraction importante de ses revenus, pour soigner la France malade. L’Elysée, Matignan connaissent bien la puissance économique de la Côte d’Ivoire. Une vérité déjà partagée par De Gaulle et Pompidou anciens locataires de l’Elysée... De vrais Hommes d’Etat Français !

 

PAR BEN ISMAEL

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