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Législatives / FPI, PDCI, RDR, LIDER… Des vérités sur les élections du 11 décembre
Les élections législatives prévues le 11 Décembre auront-elles lieu à cette date. Recevant le Fpi à la suite du chef de l’état, le ministre d’état, ministre de l’intérieur avait dit que la date du 11 Novembre 2011 n’est pas négociable. Dans l’entendement d’Hamed Bakayoko, il faut tenir l’échéance pour mettre fin à la transition et installer toutes les institutions, dans un cadre normal, évitant le recours aux ordonnances prises par le chef de l’état, là ou une loi est nécessaire. Cette normalisation, le gouvernement ivoirien souhaite que le FPI en fasse partie. Après avoir raté le cap de la participation du FPI dans le gouvernement du 1er Juin dernier, Alassane Ouattara veut rassembler, et éviter l’isolement politique et l’exclusion du processus du FPI. C’est le sens de l’appel qui leur a lancé à son retour de New York (ne commettez pas les mêmes erreurs que le RDR en 2002), et de l’audience qu’il a accordée au CNRD.
Du côté du FPI, le refus de participer à l’élection législative semble se confirmer. La raison officielle est l’absence de garantie de transparence, ainsi que les questions sécuritaires, qui ne sont pas bien résolues aux yeux du FPI. A côté de cela, la libération de Laurent Gbagbo, de son épouse et des autres cadres de l’ancien régime est posée, comme condition par l’ex parti au pouvoir. Qui par la voix de l’ex ministre de la défense Amani Nguessan Michel, a pratiquement confirmé hier lors d’une cérémonie de la CEI à laquelle il participait pour le compte de son parti, que son parti n’irait pas aux législatives. A côté des explications plus ou moins officielles du FPI, les adversaires du parti évoquent l’asphyxie financière liée au gel des avoirs, à l’exil de plusieurs barons, à la difficulté de présenter de nombreux candidats d’envergure, la peur de se faire battre largement, et de se priver ainsi désormais de tout moyen politique de pression sur le régime Ouattara, qui aura été légitimité par la participation officielle du FPI, aux législatives du 11 décembre prochain. Le pouvoir Ouattara espère contrer cette absence par la participation des cadre pro Gbagbo et même FPI non officiellement investis par le parti, pour éviter une assemblée nationale monocolore. Mais cette perspective ne rassure pas certains observateurs qui estiment que le taux de participation restera un enjeu essentiel. Avec une présidentielle ayant oscillé autour de 80 pour cent pour les deux tours, des observateurs estiment que sans le FPI, le gouvernement aura du mal à mobiliser, malgré la concurrence entre le PDCI et le RDR. Les bailleurs de fonds souhaitent pour leur part, que même sans le FPI, un taux minimal allant de 50 à 60 pour cent puisse être atteint. Tandis que le FPI espère que son absence éventuelle, pourrait faire tomber à seulement 40 pour cent, le taux de participation. Avec un tel taux, l’ex parti ne craint pas du tout d’être isolé, espère ainsi tenir en main, un argument de poids pour imposer un dialogue politique direct au gouvernement Ouattara, et espère de cette façon donner une nouvelle orientation, plus conforme à ses vues, au processus de réconciliation nationale. Un membre de la direction du FPI affirme pour sa part, que l’absence du FPI est un échec pour Ouattara, et donne des pistes d’action suivantes : « Aucun sacrifice n’est trop grand pour la paix. C’est bien que Ouattara ait des principes, mais il doit tenir compte et très vite des réalités du terrain politique. On ne peut effacer le FPI et Gbagbo. Si Gbagbo a fini par perdre aux élections, c’est pour avoir rêvé effacer Ouattara et Bédié, à la fois en faisant la promotion de Guillaume Soro. Mais avant ce calcul hasardeux, Laurent Gbagbo en pleins combats à Abidjan en 2000, avait rencontré Ouattara et ensuite Guéi à Yamoussoukro, pour signer des petits deals et accords avec ces leaders, au nom de la paix et de la consolidation de son pouvoir. En politique, faire un peu entorse aux principes, au nom de la paix ne tue. Compromis oui, compromission non ! Un signal, un geste politique peut débloquer la situation. On ne demande pas de libérer immédiatement Laurent Gbagbo, mais se rendre compte que six mois après la politique de dénigrement, d’effacement de son œuvre, du refus de l’évoquer en sa qualité d’ancien chef de l’état , même par le président Ouattara lors de son investiture n’ont rien résolu, ni fait oublier notre leader. Le dossier TPI est venu compliquer la situation. Oui aux principes, mais surtout oui à la paix, pour la sauvegarde de la Côte d’Ivoire et du régime Ouattara. On ne lui demande pas d’entrer dans la compromission, mais il doit faire appel à son génie et à son talent politique, sortir du coté technocrate, pour trouver une solution (il est bien Mr solutions non ?), faisant participer même in extremis le FPI aux législatives du 11 décembre. La solution ne réside pas dans l’argent, ni l’information de la lettre du continent selon laquelle, il veut financer le FPI, ou mettre fin au gel des avoirs des cadres du parti. Depuis le 11 avril, les actes d’apaisement à notre endroit n’ont pas été nombreux. S’il avait vraiment pensé à des législatives ouvertes et impliquant notre participation, Ouattara aurait évité de poser de nombreux actes. Et les choses seraient lors plus facile. Mais ce n’est pas grave si on est absent. On verra le taux, et pour les autres élections et le gouvernement on pourrait aviser». Mais que peut-donc faire le chef de l’état. Report de l’élection pour deux à trois semaines ? Renouer le dialogue avec le FPI ? Envoyer un message précis ou un émissaire personnel à Laurent Gbagbo, pour engager un dialogue direct ou indirect avec lui, pour qu’il lance l’appel demandé par les Elders et promis par lui. En vain jusqu’à présent ! Tout le monde sait que Laurent Gbagbo ne reculait devant rien, et ne s’interdisait aucun engagement, ni arrangement. Ouattara est-il lui soluble dans les combines et combinaisons politiciennes dont Laurent Gbagbo était friand, avec notamment cette rencontre entreprise à l’occasion des Assemblées annuelles de la Bad, à l’initiative du Premier ministre Guillaume Soro? « Ce pas mal comme idée, mais il y’a eu la guerre, il y’a eu trois mille morts à cause de la crise. On peut pas enjamber cela », récuse-t-on dans le camp Ouattara. C’est juste, mais on croirait entendre croirait entendre les protestations post septembre 2002 des pro-Gbagbo, qui ne voulaient même pas voir Guillaume Soro à Abidjan, qui ne le voulaient pas comme ministre de la Défense, encore moins à la tutelle des médias d’Etat, qui ont voulu le braiser à la RTI …. Dagrou Loula, Boga Doudou et des gendarmes étaient mort. Seydou Diarra était indésirable à Abidjan ! Deux mois avant, Robert Guéi avait été assassiné. Bédié et Ouattara avaient échappé à un assassinat ! Il ne faisait pas bon d’être rebelle ou contre Laurent Gbagbo en ses temps là. Il y’avait eu une mini-guerre, une guerre éclair que Marcoussis, Accra et Ouaga ont fini par faire oublier. Une mini-guerre certes, mais une vraie tension que la tension et la gravité des drames et exactions de la crise postélectorale de 2010, ne peuvent pas vraiment faire oublier, réduire à néant et passer par pertes et profits !
Le RDR verrouille les candidats potentiels
De son côté le RDR, via son secrétaire général semble ne pas trop se laisser perturber par ces questions, disant presque comme les plus radicaux du RHDP : tant pis pour le FPI. La principale inquiétude d’Amadou Soumahoro est le risque d’indiscipline et de désaffection que va créer le choix des candidats devant porter les couleurs du parti. La bataille entre les ministres, et des leaders locaux fait rage. La base refuse de soumettre à la « directive » présidentielle, faisant automatiquement des ministres, des candidats naturels dans leurs régions. Les modes de désignation posent problème, d’autant plus que des discussions globales sur le partage de tous les postes ne sont pas envisagées. Selon des sources proches de la Rue Lepic, le président Ouattara pourrait bien être obligé de mouiller le maillot, de recevoir personnellement des candidats frustrés, ou de les appeler au téléphone pour les appeler à la raison et à la patience dans le cadre des prochains scrutins à venir, ou d’autres nominations . C’est apprend-t-on le prix de la cohésion, et non les menaces, ni taper du poing sur la table. Dans quelques cas, des candidatures indépendantes pourraient être tolérées, pour avoir une bonne réalité et lecture du terrain. Si vraiment le FPII est absent, pas grand chose à perdre par exemple dans le Nord. Puisque dans tous les cas, tous les candidats se réclameront du président Ouattara. En attendant, la directive Soumahoro semble s’appliquer plus ou moins : interdiction absolue de faire campagne et de dire que l’on a été retenu, tant que la parti n’a pas encore publié la liste des candidats.
Et dans la maison Bédié ?
Satisfait de faire peser encore le poids de son parti, après une présidentielle dont il estime avoir été privé du deuxième tour par le FPI, Henri Konan Bédié aurait bien aimé que le FPI participe au scrutin législatif pour mesurer enfin, dans un cadre plus transparent à ses yeux, le poids de chacun. En accord avec le président Ouattara sur la question, qui était plutôt favorable à l’union, le président Bédié veut ménager les ambitions au sein de son parti, et gérer les susceptibilités, faisaient de l’obtention de la primature une question non négociable. Mais au sujet des législatives élections vérités, le président Bédié compte-t-il prendre des initiatives pour raisonner le FPI ? A-t-il été sollicité pour intervenir ? Cette préoccupation est jugée secondaire, par un proche de Ouattara, qui pense que la compétition entre le PDCI et le RDR sera suffisante pour créer une vraie émulation, et faire oublier le défaut de légitimité démocratique, dont le FPI veut estampiller au régime en place, ainsi qu’aux institutions.
Et les autres….
A Lider, on continue de poser des conditions de sécurité et de transparence. Mais c’est justement pour être autonome et ne pas subir les humeurs de Laurent Gbagbo, des exilés et autres théoriciens du FPI, que Mamadou Koulibaly, qui digère encore mal le sort que le régime Ouattara fait subir au parlement sortant, et qui se demande s’il doit songer à une passation de charge entre son successeur éventuel, a démissionné. Avec Lider Mamadou Koulibaly, est maître du jeu et de son destin. Lui et ses amis se préparent pour aller aux élections. Des cadres LMP allant en indépendant, peuvent demain retrouver Mamadou Koulibaly et Lider, qui estiment pouvoir former un groupe parlementaire dans le prochain parlement. Lider reste dons aux aguets.
Et les jeux restent ouverts pour tous, avec un FPI qui part forfait, heureux de mettre en compétition le Ouattara technocrate face au Ouattara politique et des intrigues politico-politiciennes. Un terrain ou les ex refondateurs prétendent exceller et se disent imbattables. Voire ! Pour leur part, les observateurs restent attentifs à ce qui pourrait se passer dans les jours à venir sur la question.
Charles Kouassi, IA du 22 Octobre