Monsieur le ministre, quel bilan faites-vous, de façon succincte, des élections municipales à Koumassi ?
Les élections municipales qui viennent d’avoir lieu à Koumassi étaient l’occasion de sillonner la commune de long en large, du Nord au Sud, d’Est en Ouest en passant par le Centre. Ces élections ont été l’occasion pour nous, de rencontrer toutes les populations de Koumassi, de quelles que conditions qu’elles soient, de quels que quartiers qu’elles soient, d’apprécier les conditions dans lesquelles elles vivent. Nous avons, pendant la campagne, fait le point des problèmes que vivent les populations de Koumassi, les jeunes, les femmes, les personnes du 3ème âge, les retraités, les handicapés… Nous avons fait le point de toutes les difficultés qu’il y a à Koumassi et nous avons fait campagne autour des projets que nous envisageons mettre en œuvre dans la commune pour apporter des réponses efficaces, réalistes, à ces différents problèmes que nous avons constatés. Concernant les jeunes, nous avons articulé notre discours autour de l’emploi des jeunes, de l’auto-emploi des jeunes, c’est-à-dire de la création des micro-entreprises par les jeunes, afin de s’auto-employer mais également de créer des emplois pour leurs camarades. Pour les femmes, nous avons fait la campagne autour du financement de leurs activités commerciales, étant précisé que ce sont elles qui constituent la soupape de sécurité dans les familles lorsque le père de famille a été licencié, il est à la retraite ou, plus grave, lorsqu’il ne vit plus, dans la mesure où tout repose sur elles. Les charges de l’éducation, de l’entretien de la famille… Nous avons donc fait la campagne autour de ces projets, en nous appuyant sur des valeurs très simples : la solidarité, l’égalité, la justice et surtout la liberté parce que sans liberté, absolument rien n’est possible. Nous avons insisté sur la thématique de la liberté, notamment dans les marchés et dans d’autres endroits, surtout les quartiers précaires à savoir les deux cités Houphouët-Boigny communément appelés Campement, le quartier Divo, où nous avons constaté beaucoup de peur, de prévention parce que tout ce que les gens pouvaient dire pourraient être retenu contre eux. Soit pour se voir arracher les places qu’ils occupent au marché, ou les terrains qui leur ont été attribués sur lesquels ils ont bâti les habitations où ils vivent. Nous avons dit que la liberté est au début et à la fin de tout. Sans liberté il n’est pas possible à l’homme de donner le meilleur de lui-même, où qu’il soit, quoi qu’il fasse. C’est autour de ces différentes valeurs que nous avons fait la campagne et nous l’avons faite dans une atmosphère fraternelle, amicale et surtout festive. Nous avons commencé la campagne dans la fête et par la fête, nous l’avons conduite dans la fête et par la fête. Je regrette tout ce qui s’est passé après la proclamation par la CEI des résultats. Ce qui s’est passé n’est pas du tout conforme à ce que nous avons vécu pendant la campagne.
La CEI vient de proclamer les résultats donnant N’dohi Raymond vainqueur. Acceptez-vous ces résultats ?
Evidemment que ces résultats, avant d’être proclamés et dont j’avais eu connaissance par le biais de notre équipe électorale, m’avais, à titre personnel à tort ou à raison, surpris désagréablement. J’avais été surpris parce que pendant toute la campagne, ce qui m’a été donné de voir, d’entendre, de sentir, était totalement en dissonance avec ces résultats. J’étais plutôt en train de me poser des questions sur la signification que je devais donner à ce résultat. Est-ce que pendant toute la durée de la campagne, tout ce que j’avais senti, entendu, ou vu n’était que de la fumée ? Du faux ? Ce à quoi je ne pouvais pas me résoudre. J’étais donc en train de chercher, lorsque les premiers indices de ce qui avait pu se passer m’ont été apportés. C’est donc sur la base des informations que j’ai pu recueillir, des éléments qui ont pu être mis à sa disposition que j’avais décidé, dans un premier temps, d’écrire à la CEI afin de lui exprimer ma préoccupation par rapport aux résultats qui étaient en train de lui être transmis. J’ai dû écrire pour faire un recours en annulation devant la Chambre administrative de la Cour suprême.
Le président de l’Assemblée nationale a pourtant demandé aux perdants d’accepter le verdict des urnes…
Accepter les résultats ne veut pas dire ne pas utiliser les voies du Droit. Ce que nous faisons, c’est juste ce qui est prévu par les textes lorsqu’on a des raisons de considérer que les résultats ne sont pas sincères et crédibles. Quand on n’en a pas, il faut accepter les résultats parce qu’à une élection, il y a toujours un vainqueur et un perdant. Mais, ce que nous faisons, ce n’est pas ne pas accepter les résultats, c’est exercer le recours que la loi nous autorise. A l’issue de la procédure qui va être engagée, si la Chambre administrative de la Cour suprême prend un arrêt dans un sens ou dans un autre, nous allons en prendre acte et avancer. Si nous sommes donné vainqueur, ce que nous souhaitons et attendons raisonnablement, alors nous irons à de nouvelles élections. Mais dans le cas contraire, puisqu’il fallait un gagnant et un perdant, nous allons nous en tenir à cette décision de la Chambre administrative de la Cour suprême, sans plus.
Ces élections ont occasionné des violences à Koumassi où plusieurs camps se rejettent la responsabilité. Qui se cache derrière ces violences, qui peut commanditer de tels actes, selon vous ?
J’ai dit et je le répète, je regrette à titre personnel, ces violences. Elles étaient prévisibles, nous avons tout fait pour les empêcher. Pour ce qui nous concerne, du reste, en ce sens que déjà le lundi, avant même la proclamation des résultats, nous avons fait un point de presse pour demander aux populations de Koumassi, en particulier à celles et ceux qui ont fait la campagne avec nous, de rester calmes, sereins parce que si les résultats qui s’annonçaient nous donnant perdant étaient confirmés, il nous resterait une voie de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Il n’était pas question de s’emporter pour se livrer à des actes de désespoir. Toute la journée de mardi, nous avons fait des réunions avec les différents groupes qui nous ont soutenu, en tenant le même langage. Ce qui s’est passé n’est rien d’autre qu’une explosion de colère de la part des gens qui étaient convaincus qu’ils remportaient ces élections, de la part de jeunes qui avaient fondé dans notre élection, l’espoir de sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent, de la part de femmes qui avaient également fondé l’espoir dans notre élection, d’avoir la possibilité de bénéficier de financement de leurs activités. Après l’explosion de colère, nous avons dû intervenir le plus rapidement possible pour canaliser, raisonner et mettre fin aux actes qui étaient commis. Cela dit, tous les commentaires que j’ai entendus ou que j’ai lus, aussi bien dans la presse que sur les réseaux sociaux, m’ont profondément désolé et choqué. Depuis la défaite de M. N’dohi Raymond aux législatives de décembre 2011, il a entrepris de ternir mon image, voire de me détruire à travers des rumeurs fantaisistes, de l’intox. Cela a commencé par une histoire sans tête ni queue selon laquelle Bacongo aurait sorti un pistolet, je ne sais à quelle occasion et où. J’ai dit et je redis : Bacongo n’est pas arrivé sur la scène politique en 2011. Je suis connu sur la scène depuis 1994. Depuis cette date jusqu’en 2011, personne ne m’a vu une seule fois avec un pistolet, une arme blanche parce que je n’ai jamais ressenti le besoin de demander un permis de port d’armes parce que je n’ai jamais eu une arme à feu ou une arme blanche, à part les couteaux de cuisine qui sont dans ma cuisine. Je n’ai jamais eu d’arme parce que je n’en ai pas besoin. Quand je crois être capable d’argumenter en toute situation, je ne vois pas ce que je ferais avec une arme. Depuis ce temps, les rumeurs les plus saugrenues sont distillées sur mon compte : je suis violent, je ne sais pas ce que ça veut dire, parce que jamais personne n’a pu apporter le moindre début de preuve pour attester que je suis violent. Sans doute, le combat que le RDR a mené depuis 1994 jusqu’à ce qu’on arrive au pouvoir m’a imposé de prendre des positions, soit dans des articles, soit dans des débats, qui ont peut-être dû être jugées, par nos adversaires d’alors, dont N’dohi Raymond et consorts, comme étant des positions dures ou violentes. J’assume ces positions, mais en dehors de celles-ci, personne ne peut apporter un début de preuve pour corroborer cette rumeur sau)grenue, ces informations sans fondement selon lesquelles, Bacongo est violent. Je ne peux pas en dire autant pour M. N’dohi Raymond.
Au cours d’une conférence de presse récemment, M. N’dohi a dit que vous êtes «un chef milicien» qui a entretenu des milices à Koumassi pour semer la terreur. Que répondez-vous ?
C’est sans doute l’épilogue de cette histoire de Bacongo est violent puisque j’ai décidé de porter plainte contre M. N’dohi Raymond et cette plainte ira jusqu’à son terme. Il devra apporter la preuve de l’existence de la milice que j’entretiens. C’est une accusation extrêmement grave. Il avait dit que j’avais un pistolet, c’était au cours d’interviews qu’il a accordées à différents organes de la presse, j’avais alors porté plainte, mais nuitamment il est allé demander aux chefs religieux d’intervenir auprès de moi afin que je retire ma plainte. Ce que j’ai fait parce que j’avais donné ma parole à ces chefs religieux. Mais avec cette nouvelle accusation, je pense qu’il a franchi le rubicond. C’est la goutte d’eau qui me paraît être de trop dans ses accusations fallacieuses, parce qu’il y en a d’autres. Il m’a accusé d’avoir porté main à une dame, Mah Traoré, dont le jeune frère de même père et de même mère est dans mon équipe de campagne. C’est une dame d’un certain âge, c’est mon aînée, il y a environ deux ans que nous ne nous sommes pas vus. Jamais, au grand jamais pendant toute cette campagne je n’ai prononcé le nom de cette dame parce que j’ai du respect pour elle et pour son jeune frère qui est avec moi. Pourtant cette information a été balancée, tous les réseaux sociaux s’en sont saisis pour dire que Cissé Bacongo est un pistolero qui s’attaque aux femmes, donc il faut qu’on l’arrête, qu’on le sorte du gouvernement. Probablement, l’objectif visé par N’dohi Raymond c’est qu’on sorte Cissé Bacongo du gouvernement. Mais, ce n’est pas lui qui a décidé de nommer Cissé Bacongo dans le gouvernement, ce n’est donc pas lui qui peut décider de la sortie ou non de Cissé Bacongo du gouvernement. Avec cette dernière accusation, il va expliquer devant la justice de Côte d’Ivoire en laquelle j’ai confiance, ce que ça veut dire entretenir une milice et où se trouve cette milice que j’entretiens, qui en sont les éléments. Si tous ceux qui étaient avec lui et qui nous ont rejoint sont des miliciens, cela veut dire qu’ils étaient à sa solde. Je veux parler de son ancien chef de sécurité qui l’a abandonné, de tous ces jeunes qui se réclamaient de lui en 2001, mais qui, 13 ans après, ne voyant rien, l’ont quitté et sont venus avec nous. Ce sont des jeunes civils, des militantes et des militants des différents partis qui composent le RHDP. Si ce sont ces jeunes qu’il appelle les miliciens, il va le dire au tribunal et alors, on va lui demander s’il se servait d’eux, pendant qu’ils étaient avec lui, comme des miliciens ou alors qu’est-ce qu’ils faisaient à son service parce que ce qu’ils font avec moi, c’est la campagne. Toute cette démangeaison dont N’dohi Raymond fait preuve, atteste de la haine gratuite qu’il a pour moi, de sa volonté de tout mettre en œuvre pour me détruire en faisant en sorte que ce qu’il croit être ma force, c’est-à-dire mon poste de ministre, me soit retiré et que je sorte du gouvernement. Mais j’ai été appelé dans le gouvernement parce que le Président de la République m’a fait confiance, d’abord en me proposant parmi les cadres du RDR, pour faire partie des gouvernements successifs du Président Laurent Gbagbo, ensuite en me maintenant au gouvernement quand il est arrivé lui-même au pouvoir. Je ne crois pas avoir démérité puisque la condition sine qua non pour développer l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, c’est d’abord et avant tout la paix dans le milieu de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Je crois avoir réussi à ramener la paix dans le milieu de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en faisant en sorte de faire coexister tous les syndicats rivaux d’étudiants depuis 2006, l’époque où un seul syndicat faisait la pluie et le beau temps, à savoir la FESCI. J’ai réussi à faire en sorte que ce syndicat comprenne que d’autres syndicats existent sur le terrain de nos universités et que ces syndicats puissent fonctionner, c’est-à-dire défendre les intérêts matériels et moraux de leurs adhérents. Ce que j’ai réussi dans nos universités et grandes écoles, c’est-à-dire la lutte contre la violence, l’instauration de la paix, je me demande comment je peux venir faire le contraire dans une commune ?
M. N’dohi Raymond s’est engagé à travailler de façon collégiale avec vous. Que pensez-vous de cette main-tendue ?
Je ne sais pas si ce monsieur est sérieux et digne de confiance. J’avais cru, sérieusement, que ce monsieur pouvait être un frère, un ami digne de confiance. Nous nous sommes rencontrés à la demande des chefs religieux, à la mosquée de l’un de ses amis intimes, l’imam Bakayoko du quartier Ajavon. Nous nous sommes parlé avec la Bible et le Coran devant nous, sur la table et je croyais que nous avions réussi à lever les malentendus qui avaient existé entre nous. Nous nous sommes pris par la main, nous sommes descendus en bavardant. Malheureusement, les choses ont repris de plus belle. J’ai demandé aux mêmes chefs religieux de convoquer une deuxième réunion, ce qui a été fait. Nous nous sommes rencontré, nous avons échangé et la suite de cela, une prière œcuménique a été organisée à l’Eglise méthodiste. J’étais présent à cette prière, lui aussi. Au terme de la prière, nous nous sommes fait des accolades, nous nous sommes serrés la main. Malgré tout cela, les rumeurs fantaisistes, l’intoxication sur le terrain ont continué. En réalité, dans ce combat de rue qu’il m’a livré, j’étais le plus faible compte tenu des fonctions que j’occupe, des contraintes et des réserves que m’impose cette fonction. Je ne pouvais pas me livrer aux mêmes attaques que lui, aux mêmes rumeurs, donc j’étais obligé d’encaisser et d’avancer dans ma logique. Il croit peut-être que je suis naïf au point de tomber dans ses bras avec cette main-tendue et lui faire le baiser sur la joue ? Je suis très loin d’être naïf. Je ne suis pas député de Koumassi aujourd’hui, il est maire depuis 2001, nous aurions pu travailler la main dans la main, comme il le dit maintenant, depuis cette date. Je ne sais pas pour quelle raison et dans quel intérêt il se souvient seulement aujourd’hui que nous sommes obligés de travailler la main dans la main. Comment peut-il, au cours de la même conférence, me traiter de chef milicien et me tendre la main, parce que je serais le député et lui, le maire ? Il ne sera le maire que seulement après le verdict de la Chambre administrative de la Cour suprême. Si celle-ci le donne vainqueur, il sera maire, je resterai député et nous allons continuer à travailler comme on l’a fait depuis décembre 2011.
Un appel à l’endroit de vos partisans et sympathisants ?
Je voudrais dire merci à toutes les populations de Koumassi qui, pendant la campagne, nous ont réservé un accueil chaleureux, enthousiaste. Partout où nous sommes passés, l’accueil a été le même. Nous avons senti beaucoup de joie sur les visages, de détermination, de franchise. Nous avons senti aussi que les populations de Koumassi attendaient beaucoup de notre arrivée à la mairie. Je dis aux populations de ne pas désespérer parce que la partie n’est pas encore terminée. Il reste la suite du recours que nous avons introduit devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Nous avons bon espoir que ce recours va faire droit à nos réclamations. Si tel est le cas, nous allons nous retrouver pour continuer ce que nous avons commencé ensemble, c’est-à-dire une campagne fraternelle, amicale, basée sur les mêmes valeurs que nous avons défendues. Mais si d’aventure, comme dans toute élection il y a un vainqueur et un vaincu, notre recours n’aboutissait pas au résultat que nous recherchons, nous resterons toujours ensemble pour faire ce que nous avons fait depuis décembre 2011 jusqu’à ces élections municipales, c’est-à-dire que nous serons aux côtés des populations, pour les écouter, leur apporter l’assistance dont elles ont besoin.
Interview Après les resultats provisoires a Koumassi Bacongo tojours tout feu, tout flamme “Voici les raisons secretes de la hargne de N’Dohi Raymond”
Monsieur le ministre, quel bilan faites-vous, de façon succincte, des élections municipales à Koumassi ?
Les élections municipales qui viennent d’avoir lieu à Koumassi étaient l’occasion de sillonner la commune de long en large, du Nord au Sud, d’Est en Ouest en passant par le Centre. Ces élections ont été l’occasion pour nous, de rencontrer toutes les populations de Koumassi, de quelles que conditions qu’elles soient, de quels que quartiers qu’elles soient, d’apprécier les conditions dans lesquelles elles vivent. Nous avons, pendant la campagne, fait le point des problèmes que vivent les populations de Koumassi, les jeunes, les femmes, les personnes du 3ème âge, les retraités, les handicapés… Nous avons fait le point de toutes les difficultés qu’il y a à Koumassi et nous avons fait campagne autour des projets que nous envisageons mettre en œuvre dans la commune pour apporter des réponses efficaces, réalistes, à ces différents problèmes que nous avons constatés. Concernant les jeunes, nous avons articulé notre discours autour de l’emploi des jeunes, de l’auto-emploi des jeunes, c’est-à-dire de la création des micro-entreprises par les jeunes, afin de s’auto-employer mais également de créer des emplois pour leurs camarades. Pour les femmes, nous avons fait la campagne autour du financement de leurs activités commerciales, étant précisé que ce sont elles qui constituent la soupape de sécurité dans les familles lorsque le père de famille a été licencié, il est à la retraite ou, plus grave, lorsqu’il ne vit plus, dans la mesure où tout repose sur elles. Les charges de l’éducation, de l’entretien de la famille… Nous avons donc fait la campagne autour de ces projets, en nous appuyant sur des valeurs très simples : la solidarité, l’égalité, la justice et surtout la liberté parce que sans liberté, absolument rien n’est possible. Nous avons insisté sur la thématique de la liberté, notamment dans les marchés et dans d’autres endroits, surtout les quartiers précaires à savoir les deux cités Houphouët-Boigny communément appelés Campement, le quartier Divo, où nous avons constaté beaucoup de peur, de prévention parce que tout ce que les gens pouvaient dire pourraient être retenu contre eux. Soit pour se voir arracher les places qu’ils occupent au marché, ou les terrains qui leur ont été attribués sur lesquels ils ont bâti les habitations où ils vivent. Nous avons dit que la liberté est au début et à la fin de tout. Sans liberté il n’est pas possible à l’homme de donner le meilleur de lui-même, où qu’il soit, quoi qu’il fasse. C’est autour de ces différentes valeurs que nous avons fait la campagne et nous l’avons faite dans une atmosphère fraternelle, amicale et surtout festive. Nous avons commencé la campagne dans la fête et par la fête, nous l’avons conduite dans la fête et par la fête. Je regrette tout ce qui s’est passé après la proclamation par la CEI des résultats. Ce qui s’est passé n’est pas du tout conforme à ce que nous avons vécu pendant la campagne.
La CEI vient de proclamer les résultats donnant N’dohi Raymond vainqueur. Acceptez-vous ces résultats ?
Evidemment que ces résultats, avant d’être proclamés et dont j’avais eu connaissance par le biais de notre équipe électorale, m’avais, à titre personnel à tort ou à raison, surpris désagréablement. J’avais été surpris parce que pendant toute la campagne, ce qui m’a été donné de voir, d’entendre, de sentir, était totalement en dissonance avec ces résultats. J’étais plutôt en train de me poser des questions sur la signification que je devais donner à ce résultat. Est-ce que pendant toute la durée de la campagne, tout ce que j’avais senti, entendu, ou vu n’était que de la fumée ? Du faux ? Ce à quoi je ne pouvais pas me résoudre. J’étais donc en train de chercher, lorsque les premiers indices de ce qui avait pu se passer m’ont été apportés. C’est donc sur la base des informations que j’ai pu recueillir, des éléments qui ont pu être mis à sa disposition que j’avais décidé, dans un premier temps, d’écrire à la CEI afin de lui exprimer ma préoccupation par rapport aux résultats qui étaient en train de lui être transmis. J’ai dû écrire pour faire un recours en annulation devant la Chambre administrative de la Cour suprême.
Le président de l’Assemblée nationale a pourtant demandé aux perdants d’accepter le verdict des urnes…
Accepter les résultats ne veut pas dire ne pas utiliser les voies du Droit. Ce que nous faisons, c’est juste ce qui est prévu par les textes lorsqu’on a des raisons de considérer que les résultats ne sont pas sincères et crédibles. Quand on n’en a pas, il faut accepter les résultats parce qu’à une élection, il y a toujours un vainqueur et un perdant. Mais, ce que nous faisons, ce n’est pas ne pas accepter les résultats, c’est exercer le recours que la loi nous autorise. A l’issue de la procédure qui va être engagée, si la Chambre administrative de la Cour suprême prend un arrêt dans un sens ou dans un autre, nous allons en prendre acte et avancer. Si nous sommes donné vainqueur, ce que nous souhaitons et attendons raisonnablement, alors nous irons à de nouvelles élections. Mais dans le cas contraire, puisqu’il fallait un gagnant et un perdant, nous allons nous en tenir à cette décision de la Chambre administrative de la Cour suprême, sans plus.
Ces élections ont occasionné des violences à Koumassi où plusieurs camps se rejettent la responsabilité. Qui se cache derrière ces violences, qui peut commanditer de tels actes, selon vous ?
J’ai dit et je le répète, je regrette à titre personnel, ces violences. Elles étaient prévisibles, nous avons tout fait pour les empêcher. Pour ce qui nous concerne, du reste, en ce sens que déjà le lundi, avant même la proclamation des résultats, nous avons fait un point de presse pour demander aux populations de Koumassi, en particulier à celles et ceux qui ont fait la campagne avec nous, de rester calmes, sereins parce que si les résultats qui s’annonçaient nous donnant perdant étaient confirmés, il nous resterait une voie de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Il n’était pas question de s’emporter pour se livrer à des actes de désespoir. Toute la journée de mardi, nous avons fait des réunions avec les différents groupes qui nous ont soutenu, en tenant le même langage. Ce qui s’est passé n’est rien d’autre qu’une explosion de colère de la part des gens qui étaient convaincus qu’ils remportaient ces élections, de la part de jeunes qui avaient fondé dans notre élection, l’espoir de sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent, de la part de femmes qui avaient également fondé l’espoir dans notre élection, d’avoir la possibilité de bénéficier de financement de leurs activités. Après l’explosion de colère, nous avons dû intervenir le plus rapidement possible pour canaliser, raisonner et mettre fin aux actes qui étaient commis. Cela dit, tous les commentaires que j’ai entendus ou que j’ai lus, aussi bien dans la presse que sur les réseaux sociaux, m’ont profondément désolé et choqué. Depuis la défaite de M. N’dohi Raymond aux législatives de décembre 2011, il a entrepris de ternir mon image, voire de me détruire à travers des rumeurs fantaisistes, de l’intox. Cela a commencé par une histoire sans tête ni queue selon laquelle Bacongo aurait sorti un pistolet, je ne sais à quelle occasion et où. J’ai dit et je redis : Bacongo n’est pas arrivé sur la scène politique en 2011. Je suis connu sur la scène depuis 1994. Depuis cette date jusqu’en 2011, personne ne m’a vu une seule fois avec un pistolet, une arme blanche parce que je n’ai jamais ressenti le besoin de demander un permis de port d’armes parce que je n’ai jamais eu une arme à feu ou une arme blanche, à part les couteaux de cuisine qui sont dans ma cuisine. Je n’ai jamais eu d’arme parce que je n’en ai pas besoin. Quand je crois être capable d’argumenter en toute situation, je ne vois pas ce que je ferais avec une arme. Depuis ce temps, les rumeurs les plus saugrenues sont distillées sur mon compte : je suis violent, je ne sais pas ce que ça veut dire, parce que jamais personne n’a pu apporter le moindre début de preuve pour attester que je suis violent. Sans doute, le combat que le RDR a mené depuis 1994 jusqu’à ce qu’on arrive au pouvoir m’a imposé de prendre des positions, soit dans des articles, soit dans des débats, qui ont peut-être dû être jugées, par nos adversaires d’alors, dont N’dohi Raymond et consorts, comme étant des positions dures ou violentes. J’assume ces positions, mais en dehors de celles-ci, personne ne peut apporter un début de preuve pour corroborer cette rumeur sau)grenue, ces informations sans fondement selon lesquelles, Bacongo est violent. Je ne peux pas en dire autant pour M. N’dohi Raymond.
Au cours d’une conférence de presse récemment, M. N’dohi a dit que vous êtes «un chef milicien» qui a entretenu des milices à Koumassi pour semer la terreur. Que répondez-vous ?
C’est sans doute l’épilogue de cette histoire de Bacongo est violent puisque j’ai décidé de porter plainte contre M. N’dohi Raymond et cette plainte ira jusqu’à son terme. Il devra apporter la preuve de l’existence de la milice que j’entretiens. C’est une accusation extrêmement grave. Il avait dit que j’avais un pistolet, c’était au cours d’interviews qu’il a accordées à différents organes de la presse, j’avais alors porté plainte, mais nuitamment il est allé demander aux chefs religieux d’intervenir auprès de moi afin que je retire ma plainte. Ce que j’ai fait parce que j’avais donné ma parole à ces chefs religieux. Mais avec cette nouvelle accusation, je pense qu’il a franchi le rubicond. C’est la goutte d’eau qui me paraît être de trop dans ses accusations fallacieuses, parce qu’il y en a d’autres. Il m’a accusé d’avoir porté main à une dame, Mah Traoré, dont le jeune frère de même père et de même mère est dans mon équipe de campagne. C’est une dame d’un certain âge, c’est mon aînée, il y a environ deux ans que nous ne nous sommes pas vus. Jamais, au grand jamais pendant toute cette campagne je n’ai prononcé le nom de cette dame parce que j’ai du respect pour elle et pour son jeune frère qui est avec moi. Pourtant cette information a été balancée, tous les réseaux sociaux s’en sont saisis pour dire que Cissé Bacongo est un pistolero qui s’attaque aux femmes, donc il faut qu’on l’arrête, qu’on le sorte du gouvernement. Probablement, l’objectif visé par N’dohi Raymond c’est qu’on sorte Cissé Bacongo du gouvernement. Mais, ce n’est pas lui qui a décidé de nommer Cissé Bacongo dans le gouvernement, ce n’est donc pas lui qui peut décider de la sortie ou non de Cissé Bacongo du gouvernement. Avec cette dernière accusation, il va expliquer devant la justice de Côte d’Ivoire en laquelle j’ai confiance, ce que ça veut dire entretenir une milice et où se trouve cette milice que j’entretiens, qui en sont les éléments. Si tous ceux qui étaient avec lui et qui nous ont rejoint sont des miliciens, cela veut dire qu’ils étaient à sa solde. Je veux parler de son ancien chef de sécurité qui l’a abandonné, de tous ces jeunes qui se réclamaient de lui en 2001, mais qui, 13 ans après, ne voyant rien, l’ont quitté et sont venus avec nous. Ce sont des jeunes civils, des militantes et des militants des différents partis qui composent le RHDP. Si ce sont ces jeunes qu’il appelle les miliciens, il va le dire au tribunal et alors, on va lui demander s’il se servait d’eux, pendant qu’ils étaient avec lui, comme des miliciens ou alors qu’est-ce qu’ils faisaient à son service parce que ce qu’ils font avec moi, c’est la campagne. Toute cette démangeaison dont N’dohi Raymond fait preuve, atteste de la haine gratuite qu’il a pour moi, de sa volonté de tout mettre en œuvre pour me détruire en faisant en sorte que ce qu’il croit être ma force, c’est-à-dire mon poste de ministre, me soit retiré et que je sorte du gouvernement. Mais j’ai été appelé dans le gouvernement parce que le Président de la République m’a fait confiance, d’abord en me proposant parmi les cadres du RDR, pour faire partie des gouvernements successifs du Président Laurent Gbagbo, ensuite en me maintenant au gouvernement quand il est arrivé lui-même au pouvoir. Je ne crois pas avoir démérité puisque la condition sine qua non pour développer l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, c’est d’abord et avant tout la paix dans le milieu de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Je crois avoir réussi à ramener la paix dans le milieu de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en faisant en sorte de faire coexister tous les syndicats rivaux d’étudiants depuis 2006, l’époque où un seul syndicat faisait la pluie et le beau temps, à savoir la FESCI. J’ai réussi à faire en sorte que ce syndicat comprenne que d’autres syndicats existent sur le terrain de nos universités et que ces syndicats puissent fonctionner, c’est-à-dire défendre les intérêts matériels et moraux de leurs adhérents. Ce que j’ai réussi dans nos universités et grandes écoles, c’est-à-dire la lutte contre la violence, l’instauration de la paix, je me demande comment je peux venir faire le contraire dans une commune ?
M. N’dohi Raymond s’est engagé à travailler de façon collégiale avec vous. Que pensez-vous de cette main-tendue ?
Je ne sais pas si ce monsieur est sérieux et digne de confiance. J’avais cru, sérieusement, que ce monsieur pouvait être un frère, un ami digne de confiance. Nous nous sommes rencontrés à la demande des chefs religieux, à la mosquée de l’un de ses amis intimes, l’imam Bakayoko du quartier Ajavon. Nous nous sommes parlé avec la Bible et le Coran devant nous, sur la table et je croyais que nous avions réussi à lever les malentendus qui avaient existé entre nous. Nous nous sommes pris par la main, nous sommes descendus en bavardant. Malheureusement, les choses ont repris de plus belle. J’ai demandé aux mêmes chefs religieux de convoquer une deuxième réunion, ce qui a été fait. Nous nous sommes rencontré, nous avons échangé et la suite de cela, une prière œcuménique a été organisée à l’Eglise méthodiste. J’étais présent à cette prière, lui aussi. Au terme de la prière, nous nous sommes fait des accolades, nous nous sommes serrés la main. Malgré tout cela, les rumeurs fantaisistes, l’intoxication sur le terrain ont continué. En réalité, dans ce combat de rue qu’il m’a livré, j’étais le plus faible compte tenu des fonctions que j’occupe, des contraintes et des réserves que m’impose cette fonction. Je ne pouvais pas me livrer aux mêmes attaques que lui, aux mêmes rumeurs, donc j’étais obligé d’encaisser et d’avancer dans ma logique. Il croit peut-être que je suis naïf au point de tomber dans ses bras avec cette main-tendue et lui faire le baiser sur la joue ? Je suis très loin d’être naïf. Je ne suis pas député de Koumassi aujourd’hui, il est maire depuis 2001, nous aurions pu travailler la main dans la main, comme il le dit maintenant, depuis cette date. Je ne sais pas pour quelle raison et dans quel intérêt il se souvient seulement aujourd’hui que nous sommes obligés de travailler la main dans la main. Comment peut-il, au cours de la même conférence, me traiter de chef milicien et me tendre la main, parce que je serais le député et lui, le maire ? Il ne sera le maire que seulement après le verdict de la Chambre administrative de la Cour suprême. Si celle-ci le donne vainqueur, il sera maire, je resterai député et nous allons continuer à travailler comme on l’a fait depuis décembre 2011.
Un appel à l’endroit de vos partisans et sympathisants ?
Je voudrais dire merci à toutes les populations de Koumassi qui, pendant la campagne, nous ont réservé un accueil chaleureux, enthousiaste. Partout où nous sommes passés, l’accueil a été le même. Nous avons senti beaucoup de joie sur les visages, de détermination, de franchise. Nous avons senti aussi que les populations de Koumassi attendaient beaucoup de notre arrivée à la mairie. Je dis aux populations de ne pas désespérer parce que la partie n’est pas encore terminée. Il reste la suite du recours que nous avons introduit devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Nous avons bon espoir que ce recours va faire droit à nos réclamations. Si tel est le cas, nous allons nous retrouver pour continuer ce que nous avons commencé ensemble, c’est-à-dire une campagne fraternelle, amicale, basée sur les mêmes valeurs que nous avons défendues. Mais si d’aventure, comme dans toute élection il y a un vainqueur et un vaincu, notre recours n’aboutissait pas au résultat que nous recherchons, nous resterons toujours ensemble pour faire ce que nous avons fait depuis décembre 2011 jusqu’à ces élections municipales, c’est-à-dire que nous serons aux côtés des populations, pour les écouter, leur apporter l’assistance dont elles ont besoin.