Abengourou / La vérité sur l’occupation des forêts par des bandes armées Un ambassadeur et le DG de la Sodefor ont fait l’état des lieux

Abengourou / La vérité sur l’occupation des forêts par des bandes armées Un ambassadeur et le DG de la Sodefor ont fait l’état des lieux

 

 

Son excellence Karl Prinz, l’ambassadeur de l’Allemagne en Côte d’Ivoire, était du 3 au 4 mai 2013, dans la région d’Abengourou. En compagnie de Mamadou Sangaré et Koné Ousmane, respectivement directeur général et président du Conseil d’administration de la Sodefor. Le diplomate allemand, a effectué une visite terrain pour constater de visu l’état de dégradation des forêts classées et se faire une idée de l’information faisant état de  la présence de  bandes armées.

 

‘’Comment se porte les forêts classées de Bossematié et de Beki, d’une superficie globale de 38.000 hectares et dont le financement a couté 16 milliards (1990-2006) à la République fédérale d’Allemagne dans le cadre de la coopération Allemande’’. Tel est l’objectif d’une mission effectuée par son excellence Karl Prinz, l’ambassadeur de l’Allemagne en Côte d’Ivoire. Au terme de la mission, le Directeur général de la Sodefor a traduit toute sa satisfaction pour la bonne conservation du couvert forestier dans l’Est de la Côte d’Ivoire. Alors même que des rumeurs ont fait état d’une présence dans ces forêts de bandes armées. «Je suis agréablement surpris parce que, quand je venais à cette mission, j’avais beaucoup d’appréhensions par rapport à ce qu’on nous avait dit. Je me disais à Abidjan que c’était une forêt qui était définitivement perdue. On nous disait que c’était une forêt où il y avait des bandes armées, des dozos», a noté le patron de la Sodefor. S’agissant de la protection du massif forestier dans la partie ouest du pays, le diplomate allemand a dit ceci: «Nous avions visité les forêts classées  de Beki et de Bossematié. Les résultats sont différents. On a constaté qu’à beki, il y a beaucoup de cas de forêts défrichées, il y a une grande partie de cette forêt classée qui ne marche pas comme une forêt classée, par contre à Bossematié, c’était différent. Il y a une perspective pour les forêts classées qui sont tellement importantes pour la Côte d’Ivoire. Les perspectives, ce sont les négociations avec le gouvernement japonais, et le gouvernement de la France. Du côté allemand, nous avons déjà commencé à travailler à l’Ouest». Quant à Mamadou Sangaré, il a assuré à l’ambassadeur allemand  des dispositions que prendra le gouvernement pour préserver les acquis. Et que celui-ci est pris en compte dans le cadre du Programme national de développement (PND). «Lorsque nous avions élaboré le PND, il y a un volet forestier qui a été évalué à hauteur d’une cinquantaine de milliards», a-t-il dit. La forêt classée de Bossematié est d’une superficie de 22.000 hectares. Elle connaît un niveau de dégradation d’environ 2% et celle de Beki, 33%.

Ernest Famin

 

Encadré

Villageois et responsables des Eaux et Forêts s’accusent

Du bois scié et des sacs de charbon ont été saisis la semaine dernière par la police forestière d’Abidjan. Ces exploitations issues de la  fraude, ont été entreposées dans les locaux de la direction régionale des Eaux et Forêts. Ce phénomène des scieurs clandestins s’est développé dans la région de l’Indénié-Djuablin, depuis la survenue de la crise postélectorale. Ce réseau d’exploitants illégaux de bois a pris des proportions inquiétantes. Selon des sources de certains acteurs, l’exploitation clandestine de ces essences naturelles se fait en complicité avec certains agents des Eaux et Forêts, moyennant la somme de 30.000 à 50.000 FCFA. Interrogé sur ces pratiques dont seraient complices certains de ses agents, le directeur régional des Eaux et Forêts, le colonel Dramé Aboubacar, a promis d’appliquer la rigueur de la Loi: «Je n’ai pas connaissance que nos agents favorisent ce genre de trafic moyennant de l’argent. Mais chaque fois que cela se prouverait, nous prendrons nos responsabilités», a-t-il mis en garde. Mais il accuse à son tour des villageois d’être en complicité avec les exploitants clandestins: «La difficulté qu’on a, c’est qu’il y a beaucoup de portes de sorties; mais nous sommes formels, ce trafic ne peut pas se faire sur les corridors. Les paysans sont en complicité avec les scieurs, puisque dans leur esprit, les bois qui sont dans les forêts leur appartiennent», a souligné le Directeur des Eaux et Forêts. Quant aux industriels du bois, ils grognent contre la concurrence déloyale à eux imposée par les clandestins. Ils disent subir d’énormes désagréments.

Ernest Famin, correspondant régional

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