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Les samedis de Biton Route et développement
Le dimanche dernier, en marchant sur la nouvelle route du Mahou, c’est avec beaucoup d’émotion que je me suis rappelé les phrases du célèbre éditorialiste Béchir Ben Yahmed. C’était après la prise de fonction de notre président de la République. Je plains toujours le sort de ceux qui ne lisent pas beaucoup la presse internationale, notamment celle qui se consacre à l’Afrique. Certaine par l’expérience de leurs éditorialistes, nous permettent d’avoir un éclairage sur la politique africaine et surtout nous donner des armes pour comprendre ce qui nous arrive ou ce qui nous attend. La lecture dite d’information doit être plurielle pour ne pas dire diversifiée. Béchir Ben Yahmed écrivait que les Ivoiriens ne tarderont pas à constater rapidement le changement dans leur vie de tous les jours, dans leur environnement, avec l’élection d’Alassane Ouattara et qu’il n’avait pas d’inquiétude sur la réussite de son mandat sur le plan économique, au niveau des réalisations, des infrastructures. Il ajoutait même que les compatriotes du Président se diront : «Pourquoi nous n’avions pas, depuis des années, élu cet homme. » Oui, en marchant sur cette fameuse route du Mahou, je ne pouvais que me rappeler les propos de cet éditorialiste de légende. Depuis une vingtaine d’années, j’ai eu à emprunter cette voie, en voiture, à pieds. Sous le soleil et sous la pluie. Quel parcours de combattant. C’était la boue, le sable, l’eau, les ordures. Chaque année, depuis de nombreuses années, on annonçait le bitumage de cette voie. Des travaux commencent et s’arrêtent aussi tôt précipitamment. Et voilà, qu’en l’espace de quelques mois, on ne se rappelle même plus comment était cette voie. En marchant sur cette route, ce dimanche soir-là, pour aller d’Angré au bout de la route du Mahou, j’ai compris pourquoi les pouvoirs disent souvent et toujours que la route précédait le développement. D’abord, c’est la joie qui habite le passant de se retrouver dans la modernité et cela n’est pas quantifiable. Ensuite, le temps qu’on gagne à faire le parcours en si peu de temps sans cogner son pied contre des cailloux et se blesser ou crever ses pneus sans parler de ses amortisseurs. Et enfin, la route ne peut que permettre la création d’activités commerciales sur la voie. Quel développement ! Béchir avait donc raison. Pourquoi le Président est entrain de transformer à toute vitesse notre environnement quand on sait que depuis des années les choses n’évoluaient pas ? Cela mérite une réflexion approfondie. Toutefois, je pense qu’en dehors des compétences de l’homme, de son carnet d’adresse, il y a surtout la volonté. La volonté politique comme on le dit souvent. Le maréchal Foch aimait dire souvent que pour réussir dans la vie il faut un but, un plan et suivre l’application avec une forte ténacité. Ce même dimanche, avant même ma marche, le matin, en regardant la télévision congolaise dans un documentaire sur l’achèvement de la voie Pointe-Noire- Dolisie je ne pouvais que me rendre compte que la route c’est vraiment le développement. La télévision congolaise alternait les images de l’ancienne route impraticable à celles de la nouvelle voie. La comparaison montrait, on ne peut plus, que la route précède le développement. Le Président Sassou disait : « A chaque fois qu’il y a eu la paix dans ce pays j’ai réussi à réaliser des infrastructures. » Donc la paix est un élément déterminant. Avec l’importance de la route, comment expliquer qu’en Afrique on continue de privilégier, encore dans beaucoup de pays africains, des infrastructures de prestige telles que des grands stades de football dont le financement aurait permis de désenclaver plusieurs villes et régions afin de permettre l’achèvement des produits vivriers et agricoles. Ainsi la cherté des prix dont on parle tant serait revu fortement à la baisse. Les spécialistes avaient vraiment raison que nos gouvernements doivent privilégier les infrastructures de base. Je me mets déjà à rêver à la voie qui mène d’Angré à Abobo baoulé permettant d’attendre très rapidement le marché d’Abobo. Quand je vois les ouvriers travailler sur cette voie, nuit et jour, je ne peux dire que la Côte d’Ivoire est au travail. La forte croissance est possible. Maintenant, dès que je me promène, je ne fais que me demander quand telle ou telle voie sera bitumée. Mais le président de la République de la Tunisie semblait me répondre en disant : « Entre le moment où nous identifions un projet, celui où nous réunissons les fonds, lançons l’appel d’offres, puis celui où arrivent les pelleteuses font parfois plus d’un an et demi ! Les gens s’imaginent que, puisqu’il y a une révolution, hop ! On construit une usine tout de suite.» Nous le peuple resterons toujours impatients. On en veut toujours plus. Moi, je ne serai plus rassasié de route bitumée, de voies désenclavée, de barrages de toutes sortes. Les années à venir du « petit » des Coulibaly sont prometteuses. Les Coulibaly seront là pour le pousser vers la création et l’achèvement des travaux. Béchir avait donc raison. Toutefois, le même éditorialiste disait aussi que sa crainte, pour ADO, résidait dans la politique de réconciliation. Mais là, nous sommes dans le domaine de l’émotion. Ainsi va l’Afrique et à la semaine prochaine.
Par Isaïe Biton Koulibaly