Passation de marché public / Un hold-up de la BOAD dénoncé Une entreprise ivoirienne va perdre 400 millions de FCFA

Passation de marché public / Un hold-up de la BOAD dénoncé Une entreprise ivoirienne va perdre 400 millions de FCFA

La BOAD (Banque ouest africaine de Développement), avec le soutien d’autres Ivoiriens est impliquée dans une affaire de mal gouvernance dans le cadre de passation d’un marché. Un hold-up qui fait en ce moment grand bruit, puisqu’il constitue une violation grave, en vertu des directives de l’UEMOA qui donnent l’égalité de chance à tout pays de soumissionner à tout appel d’offres. Mais voici que la Côte d’Ivoire doit perdre 400 millions de FCFA, faute de transparence et de gouvernance dans la passation d’un marché. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un appel d’offres pour la construction du barrage et de l’aménagement de la prairie en aval à Ferkessédougou en Côte d’Ivoire. Paru dans le bulletin officiel des Marchés publics n°1139 du 20 mars 2012, ledit appel d’offre a été lancé sous le numéro N° T58/2012 par l’Office national de la Riziculture (Ondr). L’objet de l’appel d’offre comme mentionné ci-dessus : «travaux de construction du barrage de Moulongo et l’aménagement de la prairie en aval». Le financement du marché est assuré en partie par la BOAD et sur le budget 2012 de l’Etat de Côte d’Ivoire. A noter que la contribution de la BOAD est un prêt. Donc, elle est remboursable à la fin. Selon les conditions de soumission, l’article 6 dudit appel d’offre indique ceci: «Toutes personnes physiques ou morales établies ou non en Côte d’Ivoire pour autant qu’elles satisfassent aux conditions et réglementations ivoiriennes». Lesdites conditions étant remplies par le Groupement d’entreprises ivoiriennes spécialisé dans ce genre de travaux, car ayant déjà réalisé plusieurs travaux de ce type, a soumissionné au même titre qu’un autre groupement d’entreprises burkinabé. Jusque-là, tout se passe bien. Car, chacun des deux groupements comptait sur ses expériences, ses acquis et capacités pour décrocher ce marché. Les directives de l’UEMOA étant claires, chacun de ces soumissionnaires se donne ainsi la chance pour avoir ce marché qui pourrait rapporter 400 millions de FCFA y compris les emplois que cela pourrait générer dans la région. Mais c’est mal connaître des cadres de la BOAD qui entrent dans une complicité avec des Ivoiriens abonnés au système ‘’de-dessous de table’’ qui changent les règles du jeu au cours du jeu. Sans pouvoir trop convaincre, l’on décide d’éliminer le groupement d’entreprises ivoiriennes sous prétexte que les camions de celui-ci sont vétustes. Ce que ne peut accepter celui-ci qui dénonce un complot dans lequel sont impliqués des Ivoiriens. «Nous ne pouvons pas accepter cela, il y a eu une violation de l’article 6. Nulle part, il a été question de déterminer l’âge des véhicules. Nous avons rempli toutes les conditions, c’est une discrimination, voire un mépris…», a dénoncé un proche d’une des entreprises perdantes. Qui menace de saisir l’autorité compétente afin que le droit soit dit. Selon notre interlocuteur, ‘’c’est indéniable que des Ivoiriens acceptent qu’une société ivoirienne perde un contrat sous prétexte qu’il y a la pression de la BOAD’’. «Nous ne pouvons pas accepter cela, la BOAD appartient à tout le monde, alors si elle ne veut pas jouer sa crédibilité, qu’elle revoit sa manière de faire. C’est pour cela que nous allons saisir l’autorité compétente pour que le droit soit dit», a-t-il menacé. Pour notre interlocuteur, ce n’est pas la première fois qu’une société ivoirienne perd des marchés importants au détriment des groupes étrangers. Il invite à plus de vigilance.
Honoré Kouassi

Affichage aleatoire

RELANCER
une 2736
2710
2682
N°2666