Les samedis de Biton Des modèles pour toujours !

Les samedis de Biton Des modèles pour toujours !

Tous les citoyens d’un pays aimeraient obtenir un jour ou l’autre une décoration pour services rendus à la nation. Au niveau professionnel,  tout travailleur ayant atteint un  certain nombre d’années d’exercices dans sa profession, bénéficie d’une décoration dans l’ordre du travail. Ici, les critères sont à la portée du premier venu. En plus,  la décoration au titre du mérite du travail a un gros avantage. Le récipiendaire obtient une enveloppe. Langage courant ou africanisme qui signifie qu’une récompense monétaire ou qu’un chèque est remis au décoré. On comprend que cette décoration mobilise la famille du récipiendaire. Il est rare que dans une biographie on cite cette décoration. C’est vrai que c’est un mérite mais un mérite à la portée de tous. Un mérite qui se situe au niveau des années. Un jeune cadre doué et performant ne pourra jamais bénéficier de cette décoration s’il n’a pas atteint un minimum de vingt ans dans son activité professionnelle. D’ailleurs, dans le dossier de demande de décoration déposé à l’inspection de travail, on ne demandera pas s’il est compétent. Le seul document étudié est de savoir combien d’années il a  passé dans l’entreprise ou dans différentes entreprises. Cette décoration professionnelle est aussi présente dans les services de l’Etat. On décore un fonctionnaire pour les services rendus à l’Etat. L’ancienneté compte mais aussi le mérite. Mais la décoration la plus recherchée est celle qu’offre la République à ceux qu’on considère comme des modèles pour les autres. Chaque pays du monde a ses critères. Au niveau des sportifs,  gagner un trophée continental ou olympique permet d’accéder à cette médaille de la République tant recherchée. On a vu aussi des sportifs récompensés pour avoir échoué  au pied du mur. La médaille est une question de critères. Il faut le savoir. Des critères  définis par les responsables qui donnent ces décorations. Dans le même pays, des changements de responsables peuvent changer  ces  critères. Tout le monde est d’accord  pour dire que ceux qui bénéficient des médailles de la République doivent être des modèles pour leurs concitoyens.  Leurs compatriotes. Un homme qui plonge dans la mer pour sauver des enfants en train de se noyer est un exemple. Donner à manger à des pauvres, chaque jour, pendant des années et dans la discrétion mérite une décoration. Dans tous les milieux, on peut trouver des centaines de modèles. A chaque décoration, on dit partout aux décorés qu’ils doivent  être des modèles pour la jeunesse. Mais, comment peuvent-ils être des modèles pour la jeunesse après cette cérémonie ? Je ne comprends pas moi-même. Pour réussir dans toute activité politique, sociale ou culturelle, il faut avoir un modèle. Quelqu’un dont la vie, la manière de travailler inspire et qu’on veut imiter.  Ressembler. Voilà le modèle. On dit souvent à la jeunesse, trouvez-vous des modèles. Les décorés de la République sont des modèles dans leur domaine. Bien. Après les images de la télé comment peut-on savoir qu’ils sont des modèles pour la jeunesse et la postérité ? Un exemple. Un instituteur qui enseigne dans une classe de CM2, depuis vingt-ans, fait du cent pour cent à chaque examen. La République informée ne peut que le décorer. Après la fête, il retourne chez lui. Les instituteurs d’aujourd’hui et de demain, vont-ils s’inspirer des méthodes de travail de cet éminent enseignant ? Certains ne sauront  même pas que cet instituteur a existé. Alors et c’est mon credo. Graver les faits dans un support qui reste et qu’on peut consulter à tout moment. On aura deviné que le modèle ne peut  devenir  une boussole que s’il se trouve dans un livre. Un ouvrage ou une brochure consacrée à cet instituteur sera un vrai support pour  tous les instituteurs d’aujourd’hui et de demain. Sa lecture leur donnera des éléments pour être beaucoup plus performants dans leur métier. Claude Gérard était une journaliste à l’époque coloniale. Elle a publié un ouvrage sur  certains leaders politiques francophones d’Afrique  qui ont été des modèles dans la lutte contre le colonialisme. Ce livre a inspiré de nombreux leaders politiques en leur donnant une énergie pour plus d’engagement dans la  lutte pour le développement de leur pays. Les  grandes chancelleries africaines doivent penser à une structure d’édition pour mettre dans « du livre », ceux qui doivent  véritablement servir de modèles. Un choix de 100 personnes  est possible chaque année pour un livre qui servira aux générations. Tout comme le livre de Claude Gérard. En 1975, il y a eu l’année internationale de la femme. Jeune stagiaire aux Nouvelles éditions africaines,   j’étais chargé de contacter des femmes qui peuvent remettre un article de trois ou quatre pages dans leur domaine en  vue d’en faire un livre. Au quartier du lycée technique,  je rencontre une historienne pour qu’elle me présente un document de cinq pages sur la marche des femmes sur Grand-Bassam. Je ferai de nombreux va et vient. Elle me dira que ce n’est pas possible de faire cinq pages. Je vais accéder à sa demande de faire un document plus complet. Un livre qui sera publié  avec des images. Souvent, il faut plus que quelques pages ou une décoration. Il faut encore beaucoup  plus pour que les modèles servent de modèle. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly

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