On passe parfois devant la misère d’autrui sans s’y attarder. Nous ne sommes pas toujours foncièrement mauvais. Bien souvent, ce sont nos problèmes personnels qui nous rendent aveugles, sourds et muets à l’agonie d’autrui et à ses besoins. Quatre amis ont aperçu un jeune cireur de chaussures étendu à même le sol et grelotant de froid dans la rue. Le flux de piétons continuait à aller et venir autour de lui, comme si la masse étendue là n’était pas faite de chair et de sang. Ils se sont approchés. Combien l’auraient fait ? Son corps était brûlant de fièvre. Ils lui ont donné des médicaments pour faire tomber la fièvre avant de le reconduire chez lui. Quand ils ont demandé où il vivait, il a répondu : « Anyama ». C’était loin d’être une plaisanterie de mauvais goût. L’incident a eu lieu à la Riviéra 3. Ils devaient faire au moins deux heures de route. Malgré la distance, le caractère imprévu du service à rendre, l’absence totale de liens de parenté ou d’affinité avec le cireur de chaussures, ils ont pris sur eux de le conduire jusque chez lui à Anyama. Combien l’auraient fait ? Un chauffeur de taxi a découvert dans son véhicule une mallette pleine de billets de banque. Il a rebroussé chemin et rendu la mallette à son propriétaire. Combien l’auraient fait ? L’homme abasourdi n’a pas pu s’empêcher de lui demander :
-Tu as regardé à l’intérieur ?
-Oui !
-Tu as vu ce qui était dans la mallette ?
-Bien-sûr !
-Et tu l’as quand même ramenée ?
Les interventions de l’heureux propriétaire démontraient sans risque de se tromper qu’à la place du chauffeur de taxi, il ne se serait pas donné autant de peine. Il a insisté pour récompenser son bienfaiteur. Evidemment la somme était dérisoire par rapport au contenu de la mallette. J’imagine aisément que l’entourage du chauffeur a dû le traiter de tous les noms et l’accabler de toutes sortes de malédictions une fois rentré chez lui. A sa place, certains auraient rendu grâce à Dieu pour ce cadeau providentiel. L’acte banal de ramener un téléphone ou un document égaré à son propriétaire est appréhendé à présent comme un exploit. Pourquoi ? Simplement parce que notre monde qui se modernise, s’occidentalise…s’individualise, perd peu à peu les notions d’entraide, de solidarité, de charité. Faire aux autres ce qu’on souhaite qu’on nous fasse à nous-mêmes. Ce n’est pas un passage d’un livre mais une réalité que quelques-uns heureusement vivent au quotidien. Nul besoin de connaître quelqu’un pour lui venir en aide. Nul besoin d’être riche comme Crésus avant de ne pas céder à la tentation de garder l’argent qui ne nous appartient pas.
Chronique Le blog de Yehni Djidji AU SERVICE DES AUTRES
On passe parfois devant la misère d’autrui sans s’y attarder. Nous ne sommes pas toujours foncièrement mauvais. Bien souvent, ce sont nos problèmes personnels qui nous rendent aveugles, sourds et muets à l’agonie d’autrui et à ses besoins. Quatre amis ont aperçu un jeune cireur de chaussures étendu à même le sol et grelotant de froid dans la rue. Le flux de piétons continuait à aller et venir autour de lui, comme si la masse étendue là n’était pas faite de chair et de sang. Ils se sont approchés. Combien l’auraient fait ? Son corps était brûlant de fièvre. Ils lui ont donné des médicaments pour faire tomber la fièvre avant de le reconduire chez lui. Quand ils ont demandé où il vivait, il a répondu : « Anyama ». C’était loin d’être une plaisanterie de mauvais goût. L’incident a eu lieu à la Riviéra 3. Ils devaient faire au moins deux heures de route. Malgré la distance, le caractère imprévu du service à rendre, l’absence totale de liens de parenté ou d’affinité avec le cireur de chaussures, ils ont pris sur eux de le conduire jusque chez lui à Anyama. Combien l’auraient fait ? Un chauffeur de taxi a découvert dans son véhicule une mallette pleine de billets de banque. Il a rebroussé chemin et rendu la mallette à son propriétaire. Combien l’auraient fait ? L’homme abasourdi n’a pas pu s’empêcher de lui demander :
-Tu as regardé à l’intérieur ?
-Oui !
-Tu as vu ce qui était dans la mallette ?
-Bien-sûr !
-Et tu l’as quand même ramenée ?
Les interventions de l’heureux propriétaire démontraient sans risque de se tromper qu’à la place du chauffeur de taxi, il ne se serait pas donné autant de peine. Il a insisté pour récompenser son bienfaiteur. Evidemment la somme était dérisoire par rapport au contenu de la mallette. J’imagine aisément que l’entourage du chauffeur a dû le traiter de tous les noms et l’accabler de toutes sortes de malédictions une fois rentré chez lui. A sa place, certains auraient rendu grâce à Dieu pour ce cadeau providentiel. L’acte banal de ramener un téléphone ou un document égaré à son propriétaire est appréhendé à présent comme un exploit. Pourquoi ? Simplement parce que notre monde qui se modernise, s’occidentalise…s’individualise, perd peu à peu les notions d’entraide, de solidarité, de charité. Faire aux autres ce qu’on souhaite qu’on nous fasse à nous-mêmes. Ce n’est pas un passage d’un livre mais une réalité que quelques-uns heureusement vivent au quotidien. Nul besoin de connaître quelqu’un pour lui venir en aide. Nul besoin d’être riche comme Crésus avant de ne pas céder à la tentation de garder l’argent qui ne nous appartient pas.
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