Depuis le 21 décembre 2012, date de clôture de la deuxième Session ordinaire de l’Assemblée nationale, le conflit latent entre l’actuel président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et son prédécesseur, Mamadou Koulibaly a surgi. L’on assiste à des attaques entre les deux hommes, soit directement par personnes interposées. Les rapports entre ‘’les deux frères Senoufos’’ n’ont pas été souvent fraternels. Cependant après la crise postélectorale, il y a eu une relative accalmie. Guillaume Soro avait même reçu Mamadou Koulibaly pour proposer au FPI dont il était le président par intérim, d’entrer au gouvernement bien avant la création de LIDER. A Abidjan, il y a eu ensuite la passation de charges symbolique entre les deux hommes. Passation au cours de laquelle, le nouveau président de l’Assemblée nationale avait promis de consulter de temps en temps son prédécesseur pour ses dix années d’expérience à la tête du parlement ivoirien. Même s’il n’en fut rien, le conflit direct et personnel semblait avoir disparu jusqu’à la sortie récente de Guillaume Soro le 21 décembre 2012 au parlement. Comparant son bilan en un an, à celui de Mamadou Koulibaly en dix ans, Guillaume Kigbafori dira : «En effet, ce sont au total vingt-quatre (24) lois qui ont été adoptées au cours de cette première année de la législature, dont seize (16) au cours de cette deuxième session. C’est déjà, vous pouvez me croire, un important travail réalisé. Pour vous donner, et juste seulement vous donner quelques chiffres et des éléments comparateurs indépendants, sachez que la précédente Législature a adopté, en moyenne, onze (11) Lois par an, sur les dix années qu’elle a duré… Au nombre des Lois adoptées au cours de cette session, je citerai, entre autres, la Loi de finances 2013 qui a permis à notre pays de disposer d’un budget pour l’année à venir. Cela permet ainsi à la représentation nationale, dont c’est justement la mission, de doter notre pays d’un budget. Est-il encore besoin de rappeler que le Parlement ivoirien n’a plus exercé, depuis 2005, cette prérogative pourtant essentielle et vitale». C’est cet extrait de son discours résumé par un confrère en ce bout de phrase “J’ai fait mieux en un an que Koulibaly en dix ans” ( une phrase qui n’a pas été prononcée par Guillaume Soro lui-même), qui a mis le feu aux poudres et a suscité des réactions des partisans de Mamadou Koulibaly.
Soro présenté comme
un adepte et un chantre du charlatanisme
politique
A la suite de ses lieutenants, le président de Lider monte lui-même au créneau. Mamadou Koulibaly présente alors Guillaume Soro comme un charlatan politique. Il présente deux cas qui montrent bien selon lui, comment le président de l’Assemblée Nationale Guillaume Kigbafori Soro aime, a perverti la vérité et ériger le mensonge en système de justification de crimes de la rébellion et des crimes d’Etat. ‘’Le premier exemple est celui du bilan des dix ans de gouvernance de la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo en tant que Président de la République. Le bilan de ces dix ans, selon Soro est plus faible que son bilan annuel à lui. Comme il est aisé de le dire et comme il est erroné d’y croire ! Ne regardons même pas le contenu du bilan, qui a par ailleurs été dressé plusieurs fois et qui dépend des optiques des uns et des autres. Regardons simplement la forme de cette proposition, sans défendre d’ailleurs Gbagbo, qui se promenait en bateau avec Soro sur les lagunes d’Abidjan et le présentait toujours comme le meilleur de ses premiers ministres, c’est-à-dire celui qui aura mieux contribué au bilan que Affi N’guessan, Seydou Diarra ou Charles Konan Banny. Soro est celui qui a représenté la rébellion contre l’Etat de Côte d’Ivoire, dix-huit mois seulement après l’accession de Gbagbo au pouvoir. Il a été ministre de la Communication, puis Premier ministre, tout en gardant la moitié du pays sous le contrôle du MPCI, dont il était le secrétaire général. La bonne méthode consisterait pour lui à évaluer son bilan en tant que responsable à la fois des zones CNO pendant dix ans, et à faire celui des zones non CNO pendant la même période. Il a joué sur les deux tableaux en même temps et ne peut donc se contenter d’évaluer les autres en s’oubliant comme acteur de premier plan de part et d’autre de la zone de confiance. Comme il le soutient lui-même, le bilan est largement positif pour lui. Les zones CNO sont devenues plus pauvres que le reste du pays pendant les dix ans de gestion des FAFN, dont M. Soro était aussi le secrétaire général. Il y a eu plus de vols, de pillages, de viols, de braquages, de rackets dans les zones CNO qu’ailleurs dans le pays. Le pillage était systématique et la “Centrale”, qui avait été érigée en ministère des finances de la rébellion, s’est enrichie des prélèvements obligatoires illicites sur les populations, des butins issus des casses de banques et des agences locales de la Bceao, de l’exploitation illégale des forêts et des minerais de métaux précieux. Soro a réussi à faire payer par l’Etat de Côte d’Ivoire le remboursement intégral des sommes emportées par lui et ses compagnons des FN lors des casses de la Bceao à cette institution. Sans ce remboursement, les comptes de la Bceao n’auraient pas été certifiés par les auditeurs. Qui dit mieux face à de telles performances? N’importe qui d’autre aurait fait cela, qu’il aurait été en prison pour crimes économiques. Mais dans le cas de monsieur Soro, c’est plutôt lui qui juge les autres. Le pire fait le procès du mal. Dans les zones CNO, des quantités inestimables de productions agricoles ont été volées et détournées en direction de sites de transformation et d’exportation installés dans les pays voisins pour le compte de Soro, du MPCI et des FN au moment où plusieurs de leurs animateurs étaient installés à Abidjan comme membres du gouvernement et chargés d’empêcher le parlement de l’époque de travailler. Soro avait non seulement le contrôle de Gbagbo, mais il pouvait faire en sorte que ce dernier prenne des ordonnances illégales, sous l’étiquette de la paix, pour modifier toutes les lois de la République juste pour le bon plaisir de Ouattara. Qui dit mieux ? (…) En résumé, disons qu’effectivement, personne n’a fait mieux que Soro ces dix dernières années dans la destruction et la criminalisation de l’Etat. Il a été un des grands maîtres de la refondation. Il est inégalable dans l’art du pillage systématique du pays. Sur ce plan, sa rhétorique le condamne comme un criminel. D’autres que Soro auraient eu de telles performances, qu’ils auraient été internés à la Haye ou ici, dans une de nos prisons obscures. Lui pas. Qui dit mieux ?’’, s’est interrogé Mamadou Koulibaly.
Le second exemple selon Koulibaly, c’est que le président Soro raconte partout que les armes se sont imposées à lui et qu’il a accepté de les prendre pour obtenir les cartes d’identité de ceux au nom desquels la rébellion aurait été organisée. «A écouter cette rhétorique, la rébellion serait le fruit de frustrations ressenties par de nombreuses personnes privées de leurs pièces d’identité. M. Soro et ses amis ont donc pris les armes pour que cette identité soit rétablie et que ces droits soient reconnus. Grâce à la rébellion, les FAFN auraient donc réussi à faire obtenir leurs papiers d’identité et leur droit de vote à de nombreuses personnes, dans un pays qui les excluaient. A écouter ce discours, Guillaume Soro et ses amis des FAFN, devenues aujourd’hui FRCI, auraient pris en otage une moitié du pays, partagé le pouvoir de Gbagbo et les ressources de l’autre moitié pour que les questions de l’identité et de l’électorat soient réglées. Dix ans de criminalisation de l’Etat de Côte d’Ivoire, plus de 500 milliards de francs cfa dépensés, de nombreux morts des deux cotés, une quantité énorme d’armes mise en circulation, un accroissement de la pauvreté et de la misère partout, mais pour quel résultat à part l’enrichissement illicite des animateurs des FAFN et leur impunité ?’’, estime Mamadou Koulibaly.
Il sera rejoint à son tour par Dr Prao Yao Séraphin, délégué aux réformes financières à LIDER. Le docteur en économie monétaire soutient que «Soro doit demander pardon aux Ivoiriens pour sa rébellion et non se comparer à Mamadou Koulibaly. Et par conséquent, qu’il ne peut pas se comparer au professeur Koulibaly. ‘’Sous le président Mamadou Koulibaly, commente Prao Séraphin, les députés ont chômé pendant que lui a beaucoup travaillé. Il disait en substance qu’au total 24 lois qui ont été adoptées au cours de cette première année de la législature dont 16 au cours de cette deuxième session. Il ne s’est pas arrêté à cette comparaison descriptive, il s’est voulu également statisticien car pour lui, « la précédente législature a adopté en moyenne 11 lois par an sur les 10 années qu’elle a durées. Cette moyenne, au cours des cinq dernières années, était de sept lois par an». Cette comparaison de Soro Guillaume n’est pas raisonnable. Deux raisons au moins invitent l’actuel patron du parlement ivoirien au silence. En premier lieu, si la Côte d’Ivoire était un Etat de droit, Soro Guillaume ne serait pas président de l’Assemblée nationale. La raison est simple : il ne remplit pas les conditions. En effet, l’article 65 de la Constitution du 1er Août 2000 dispose : «le président de l’Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature. Le Président de l’Assemblée Nationale et le Premier Vice-président sont soumis aux mêmes conditions d’éligibilité que le Président de la République.» Or, selon l’article 35 de notre constitution, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois. Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. Il doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine. Mais Soro Guillaume qui est né le 8 mai 1972 à Kofiplé, sous-préfecture de Diawala, n’avait pas quarante ans lors de son élection. Soro Guillaume a estimé que l’article 48 de la Constitution a permis à tout le monde de se présenter à la présidentielle de 2010, sans tenir compte de la limite d’âge. C’est donc de façon illégale qu’il se retrouve président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. De ce point de vue, s’il avait encore un peu d’humilité, il ne parlerait pas de la sorte de quelqu’un qui remplissait lui, les conditions’’, a martelé Prao Séraphin.
La dialectique perverse du professeur Mamadou Koulibaly
Sur son Blog, le Professeur Franklin Nyamsi qui ne cache pas son amitié et son admiration pour l’actuel Président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, dénonce ‘’La dialectique perverse du professeur Mamadou Koulibaly’’. Franklin Nyamsi qui ne ménage pas le président de LIDER. Il dit vouloir procéder à une critique pied-à-pied de l’argumentaire qu’il esquisse, afin d’aboutir à la démonstration évidente en six contre-arguments que Mamadou Koulibaly ‘’pratique allègrement une dialectique perverse qui mérite toutes les vigilances’’. Franklin Nyamsi croit dur comme fer qu’après lecture de sa contribution, les Ivoiriens pourront, comprendre les raisons profondes du déchirement logique de la pensée de Mamadou Koulibaly entre une audace intellectuelle artificielle et une pratique politique faite d’une lâcheté et d’un cynisme chronique. «Les deux exemples phares du texte de Mamadou Koulibaly, à savoir la question du bilan de Guillaume Soro et la question des revendications électorales de la rébellion, ne sont, on le verra bien, ni plus du moins que d’immenses coups d’épée dans l’eau trouble de l’insincérité maladive et de la peur du néant politique chez notre personnage d’Azaguié. Lesdits exemples constitueront la seconde et dernière partie de notre propos. Il y a une faiblesse fondamentale chez les penseurs à l’improviste. C’est qu’ils avancent en oubliant leurs traces. La thérapie de cette tare majeure de l’improvisateur intellectuel consiste à le fixer, à le visser littéralement à ses dires et à leur non-dit indéniable, de telle façon qu’il lui soit impossible de se dédire. En un mot, la critique consiste à reconduire ici la maxime de Platon selon laquelle « connaître véritablement, c’est se ressouvenir.» Soumise au crible de la mémoire exacte, la pensée de Mamadou Koulibaly s’avère justement comparable à cette mousse qui passe parfois pour le fond de la bière. Il faut donc aussi crever la baudruche, ramener la grenouille qui se prend pour un bœuf à sa taille réelle. On découvre alors ce que nous appelons une «dialectique perverse» sur laquelle nous nous appesantirons en conclusion de la présente tribune.
-Mamadou Koulibaly prétend que Guillaume Soro se prend pour le meilleur Premier Ministre de Laurent Gbagbo, le meilleur des citoyens de Côte d’Ivoire, le sauveur de la Côte d’Ivoire. Voyons. « Meilleur premier ministre» ? Certainement, puisque loin de s’être ainsi autoproclamé, Guillaume Soro a souvent été présenté ainsi – Mamadou Koulibaly le reconnaît lui-même - par le Président de la République d’alors, Laurent Gbagbo lui-même. Qui n’a pas vu les tempêtes gbagboistes qui se sont abattues sur Seydou Elimane Diarra et sur Charles Konan Banny, avant l’arrivée de Guillaume Soro à la primature ? L’évidence ne montre-t-elle pas au pire aveugle que Guillaume Soro a réussi face à Gbagbo là où ses prédécesseurs ont mordu la poussière ? «Meilleur des citoyens de Côte d’Ivoire ? », mais d’où Mamadou Koulibaly tient-il cette échelle de valeurs saugrenue, puisqu’il n’y a pas que le domaine politique qui puisse héberger l’excellence humaine dans un pays ? A moins que l’ambition basse de Mamadou Koulibaly ne soit, en filigrane, de visiter un lieu commun des oiseaux de mauvais augure de notre temps, en tentant vainement d’opposer le premier des citoyens de Côte d’Ivoire, à savoir le Président de la République Alassane Ouattara avec son dauphin constitutionnel que Mamadou Koulibaly veut affubler du titre concurrentiel et bricolé de «meilleur des Ivoiriens» ? Nulle part dans la littérature politique contemporaine, il n’est question d’une telle folie des grandeurs chez un Guillaume Soro enraciné dans un terroir sénoufo où l’une des valeurs initiatiques universelles est la pratique de la grandeur dans la simplicité. Mais enfin, «sauveur de la Côte d’Ivoire», Guillaume Soro ? Où Mamadou Koulibaly va-t-il trouver cette rhétorique politico-messianique que l’on croyait révolue avec la lourde chute des élus Refondateurs de «l’Eternel des armées» ? La vérité historique veut pourtant qu’on ne saurait rien comprendre à la séquence historique des dix dernières années de la Côte d’Ivoire sans s’approprier le rôle essentiel de Guillaume Soro. Quand tonnaient les canons de la Refondation en décembre 2010 pour conforter le putsch de Laurent Gbagbo contre le processus démocratique issu de l’APO de Ouagadougou en 2007, qui niera que la continuité de l’Etat, des mains de Laurent Gbagbo à celle d’Alassane Ouattara, fut transmise grâce à la reconnaissance courageuse de Guillaume Soro de celui que les Ivoiriennes et les Ivoiriens avaient choisi le 28 novembre 2010 en leur âme et conscience ? Enfin, il faudrait s’interroger sur la signification du concept de «meilleur» chez un Mamadou Koulibaly, bien souvent imprudent en rigueur de pensée. Pour Mamadou Koulibaly, le meilleur, c’est «celui qui aura le mieux contribué au bilan de la Refondation». Quelle grotesque manipulation ! Et si le meilleur, c’était tout simplement celui dont le bilan est le meilleur des bilans de tous les Premiers ministres sous Gbagbo ? On verrait alors en vérité, que le bilan de Guillaume Soro, loin d’être meilleur en tant que de la Refondation, est bien plutôt un bilan meilleur en vertu de sa résistance et de sa victoire sur et contre la Refondation !», a défendu le Professeur Franklin Nyamsi.
La démonstration du non distingué Professeur Koulibaly nous paraît, totalement peu convaincante, son raisonnement manque également de profondeur
Et ce n’est pas tout. Hier encore, une contribution d’un partisan du président de l’Assemblée nationale est parvenue à notre rédaction. Signée de Jean-Marie, professeur agrégé de Philosophie. Pour lui, la démarche du Président du LIDER se réduit à une attitude manichéenne, qui consiste à opposer de façon frontale et doctrinale le vrai et le bien, qui lui seraient réservés, et le faux et le mal qui seraient en revanche le péché originel de l’ADN de ses adversaires. Prof Jean-Marie a fait la démonstration suivante : «En revanche,… nous aussi, nous en disons bien davantage que ce que nous croyons, en utilisant cette expression : comment interpréter autrement que par la résilience de ce sentiment de revanche chez le leader frustré du FPI qui ne se transforme en LIDER que parce qu’il a perdu son propre leadership ? Prendre sa revanche, à tout prix, contre ceux qui avaient tout compris, comme à tout prix Laurent Gbagbo prétendait gagner les élections, voilà le vilain sentiment qui anime ce pseudo débat qui ne fait que nous éloigner du chemin de la réconciliation. Il ne sert à rien, dans cette perspective, de réécrire l’histoire et de travestir la vérité, en se donnant le beau rôle et en condamnant en bloc ses adversaires (…) En l’occurrence, le calcul proposé par le Professeur Koulibaly ne peut faire autorité que si les données en sont corroborées par la Commission Électorale Indépendante, que malheureusement l’intéressé considère comme la complice des manipulations organisées pour tromper les électeurs et truquer les élections. Pour conclure sur ce point et pour parler, une fois n’est pas coutume, en langage charabia, disons que la démonstration du non distingué Professeur Koulibaly nous paraît, «totalement peu convaincante !». Son raisonnement manque également de profondeur et voici pourquoi : On observera tout d’abord que le terme d’ «ethnie», pourtant indispensable à une bonne compréhension de la situation de la Côte d’Ivoire et de son évolution, n’apparaît que tardivement dans son propos, d’abord pour désigner les «factions ethniques armées», puis pour indiquer que notre pays ne sortira pas de la crise profonde qu’il traverse par la victoire de l’un des groupes ethniques qui le composent (…) Et puisqu’il est ici question de bilan, quel est celui que nous pouvons dresser au terme de cet examen critique du pamphlet que le Président du LIDER a cru bon d’adresser, par médias interposés, à son successeur (…) Les mots ont un sens et il ne suffit pas de les utiliser, encore moins de les juxtaposer, pour faire sens. Quand on trouve, en une seule et même formulation, les termes de perversion, de dialectique, de charlatanisme et de rhétorique, on ne peut que s’étonner de cette concaténation irrecevable et irrévérencieuse de deux condamnations («perversion» et «charlatanisme»), avec deux modes de réflexion, (la «rhétorique» et la «dialectique»). Je ne vous décrirai pas la perversion, sauf à m’en référer à Freud pour rappeler, sur le mode du badinage intellectuel, que Guillaume Soro semble dès à présent faire partie, bien au contraire, du cercle vertueux des figures historiques de la Côte d’Ivoire, puisqu’il a été successivement et récemment désigné par les intéressé(e)s comme le « Fils » de Henri Konan Bédié et comme le « petit mari » de Thérèse Houphouet-Boigny ! (…) Oui, Professeur Koulibaly, Platon et Marx sont à nos cotés : c’est en empruntant les chemins qu’il nous ont indiqués que l’on pourra gravir les échelons escarpés qui nous séparent de la vérité ! La dialectique n’est pas phraséologie formelle réservée aux «philosophes» et dont la démarche serait indigne des disciplines scientifiques qui éclairent le savoir contemporain. «Qui éclairent», avons-nous dit : eh bien, justement, c’est d’un raisonnement dialectique dont usent les Newton et autres Huyghens, quand ils se trouvent dans l’obligation d’admettre, au vu des phénomènes qu’ils observent et des expériences qu’ils réalisent, que la lumière est simultanément une onde et un corpuscule : une onde comme la vague qui m’emporte au soleil couchant, un corpuscule comme la bille qui brille à la devanture du marchand».
Assemblée Nationale / Président et ex-président du Parlement Soro-Koulibaly, c’est la guerre!