N°475:“Opération Licorne dehors” Gbagbo jongle avec les patriotes
En dépit de la mobilisation et la détermination des patriotes ivoiriens pour obtenir le retrait des troupes françaises, le mandat de l’opération Licorne sera sans doute reconduit.
Indexés depuis le début de la crise par la communauté internationale, supportant mal les anathèmes injustifiés de xénophobie et d’extrémisme, les patriotes sont-ils désormais incompris des autorités ivoiriennes ? Sinon comment interpréter la récente ” sortie ” de l’ancien Premier ministre fustigeant certains patriotes qu’il traite d’alimentaires ?
On le sait, la jeunesse patriotique est une organisation hétéroclite composée en majorité de jeunes issus des différentes couches sociales.
On y trouve non seulement des politiciens, des cadres mais aussi et surtout des employés, des étudiants et des sans emplois. Leur mot d’ordre est la défense de l’idée qu’on peut se faire des causes républicaine et démocratique. C’est pourquoi, ils ont toujours répondu présents toutes les fois que cette idée de la démocratie a été menacée ou attaquée.
Ils étaient en effet présents en 2000, place de la République, lorsque le défunt Général Guéi tentait un hold-up électoral ; présents également ce novembre noir de 2004, devant l’hôtel Ivoire quand les soldats français tiraient sur une foule de manifestants civils ; ils étaient boucliers humains lorsqu’une trentaine de chars français, tous canons braqués vers la résidence du chef de l’Etat, s’éloignaient de leur mission d’interposition ; ils couraient enfin sur les ponts, sous les rafales des hélicoptères de la Licorne, libérer l’aéroport occupé.
Ces patriotes ont payé au prix fort, leur engagement pour la défense de la République menacée. Et pourtant, la vie est si précieuse qu’elle ne peut être ni aliénable, ni estimable.
Par conséquent, à défaut de se voir proposer des emplois stables, des salaires décents ou des conditions de vie acceptables, il ne paraît pas abject pour les plus démunis des patriotes d’espérer de l’Etat une forme de ” dépannage “.
Comment comprendre également que ces patriotes n’aient pas été réellement écoutés au moment où ils contestaient le renouvellement du mandat de la Licorne ?
L’occasion était pourtant belle pour les autorités ivoiriennes de saisir au bond la balle lancée par le Président français demandant à Dakar, qu’on dise officiellement si oui ou non on souhaitait la présence militaire française en Côte d’Ivoire.
De même, la règle du parallélisme des formes veut que le Président ivoirien qui a personnellement souhaité l’interposition militaire française soit celui qui, en premier, demande leur retrait.
Certains répondront que le Président sait ce qu’il fait, qu’en excellent stratège, il sait où conduire son peuple.
D’autres ajouteront que la déclaration du parti présidentiel exigeant le départ des troupes françaises, obéit à cette stratégie, et que par conséquent le Président a beaucoup à perdre en s’engageant personnellement dans ce débat.
Bien entendu, il ne s’agit point de remettre en cause les capacités de résistance du Président, ni l’habileté avec laquelle il manœuvre adversaires et ennemis, mais simplement de dire que le peuple ivoirien, peu habitué aux rouages de la politique, n’arrive plus à lire entre les lignes, de tirer la sonnette d’alarme, car à défaut d’explications, les Ivoiriens ont beaucoup de mal à cerner les contours et l’orientation politique, économique et sociale du pays.
En effet, viendra peut-être un jour, où les monuments aux morts, les stèles dédiées aux martyrs de la République et autres récompenses posthumes ne suffiront plus à calmer l’agacement de la population.
Anicet DJEHOURY,
Sherbrooke, Canada





tu es un imbécile ; tu n’es pas ivoirien
Comment par Anonymous — 4/4/2005 @ 4:41 pm
Merci pour votre document, il est intéressant.
Comment par KA — 5/4/2005 @ 9:53 pm