N°475:HUMEUR par Vicky Delore Printemps milicien
Plusieurs représentations diplomatiques ont fermé leurs locaux à Abidjan. Mais, la décision de Londres, – jusque-là considérée par les jeunes nervis du pouvoir comme un allié – de plier bagage et de recommander à ses ressortissants de quitter les bords de la Lagune Ebrié, constitue un signal qu’il ne faut plus refuser de voir.
Et pourtant, au lieu de décrypter les signes, la phalange francophobe du régime a déjà tiré ses conclusions. La même rengaine : c’est la France qui est derrière cette décision de la Grande Bretagne. Une monstruosité que les fanatiques vont, sans aucun doute, consommer comme une parole d’Evangile.
Quand une chaussée est bosselée, c’est la France ; une tornade arrache des toitures dans un bled reculé, c’est la France ; une panne d’électricité sur les écrans de la télévision nationale, c’est la France ; un enfant qui n’assimile pas bien ses leçons, c’est encore la France. Bon Dieu. Est-ce à dire qu’on ne peut plus se regarder dans la glace ?
A force de jouer à faire peur, rebelles et courtisans du pouvoir sont en train de décourager les amis, même les plus téméraires, de la Côte d’Ivoire. Dans quel objectif ? Quand on sait qu’un jour la guerre prendra fin et qu’il faudra bien reconstruire le pays, on devrait bien s’inquiéter. Ah, une chose est certaine, il y en a qui trouvent leur compte à entretenir peur et terreur. Et apparemment, ça rapporte. Le retour à la normalité constituerait plutôt la catastrophe.
De l’avis des experts, ce n’est pas mettre fin à la guerre qui est le plus difficile. Le plus dur commence après la guerre. Car, il ne sera plus question de terroriser. Mais de réfléchir. Or, justement, certains abhorrent la réflexion, le choc des idées. Ils préfèrent enlèvements, séquestrations, rébellions règlements de compte et éliminations physiques, pour imposer leur vision ( ?) du monde et des choses. Un indice situe sur la dérive en cours : l’emprise croissante de milices à la dévotion des institutions de la République. Un printemps des milices entretenu et encouragé par une coterie de va-t-en guerre. Dans la réalité, cette bande de sanguinaires est plus préoccupée par des calculs politiciens et des intérêts mesquins.
Cet essor milicien en dépit des efforts de sortie pacifique de crise, plaide, en fin de compte, pour un scénario catastrophe. Avec une combinaison de l’explosion du front nord-sud et du déclenchement de multiples pogroms locaux. Toute chose qui n’est faite pour rassurer les plus irréductibles des fidèles à la Côte d’Ivoire.





avec le départ des anglais, il n’y pas péril en la demeure autant qu’il ne pourrait y en être avec le départ demain des français. la côte d’ivoire restera la côte d’ivoire
Comment par cassoupawidy — 4/4/2005 @ 9:02 am