N°490:Idriss Koudouss répond à Gbagbo “Appliquons Pretoria sans reniement”
Le président du Conseil national islamique a parlé. Ce n’était pas à la rencontre entre le chef de l’Etat et les confessions religieuses où il était présent, mais quelques heures plus tard lors de la commémoration du Mahoulid. A la mosquée centrale de Port-Bouët, ce même mercredi, avec des mots directs, parfois durs, l’Imam El Hadj Idriss Koudouss a donné sa position sur la crise ivoirienne et l’accord de paix de Pretoria.
Pour l’Imam Koudouss, le fondement de la crise ivoirienne est moral et spirituel. Elle a fini par prendre d’autres relents qui ne sont en réalité que des épiphénomènes. Voyant donc ces dérives, le Conseil supérieur des Imams (Cosim) et le Conseil national Islamique (Cni) n’ont cessé d’attirer l’attention des gouvernements successifs sur les risques : de la culture de la ruse comme moyen de conquête et de conservation du pouvoir, de la culture du mensonge et du bouc émissaire, de l’égoïsme de acteurs politiques, de l’instrumentalisation des médias, de l’ethnie et de la religion à des fins politiques et de la surenchère verbale. Le président du Cni a condamné les paroles qui servent à semer la haine et la discorde au sein de la population ivoirienne. Le salut, pour lui, viendra du contrôle de notre langue. C’est pourquoi a-t-il dit, ‘’il est regrettable de voir certains chefs religieux et responsables politiques faire mauvais usage de la parole, en cette période sensible’’. L’élément le plus regrettable dans la crise ivoirienne est, selon lui, le non respect des engagements et de la parole donnée. Dieu est très jeune à ce sujet : “Respectez le traité de Dieu quand vous signez un traité et ne trahissez pas les serments, après les avoir prêtés avec force, alors que vous avez fait de Dieu votre garant ” (S.16 V91 à 92). C’est fort de cela que Koudouss a appuyé fermement les accords de Pretoria, paraphés par les différents protagonistes. Les Imams soutiennent les efforts du président Mbeki. Les Imams exhortent donc le président Gbagbo à prendre pleinement ses responsabilités devant la nation et à ne pas laisser prospérer les clameurs qui rament à contre-courant de l’histoire. Dans cette optique, ils invitent les Forces nouvelles et les Forces de défense et de sécurité à s’engager définitivement et sans préalable, dans le processus de désarmement.
Olivier Guédé





Monsieur Koudouss,vous avez de la belle parole,mais je crains qu’elle soit mauvaise à cause du fait qu’elle n’est pas véridique.Car, dans cette parole,vous ne désignez pas les agresseurs véritables de votre pays: les rebelles ou leurs commanditaires ne sont pas nommément désignés.La surprise est que vous noyez le tout dans la crise morale et spirituelle.Vous manquez de courage à stigmatiser les causes internes et externes de la crise ivoirienne.Ce que je me permets de vous dire,c’est que,lorsqu’un pays traverse une crise comme la nôtre,ce qu’on attend des chefs religieux,c’est d’oser dire la vérité.Car la non expression de la vérité est toujours cause du caractère inextricable du problème: cela fait que le problème demeure et ressurgit plutard.Donc s’abstenir de dire la vérité,ou se passer de le faire,c’est ne pas être artisan de paix : c’est,en fait,ruser avec la vérité,et donc en dernier ressort avec Dieu.
Comment par Ange Koffi — 22/4/2005 @ 4:39 pm