23/4/2005

N°491:Hommage à Louis-Franck Adou La diaspora Ivoirienne se mobilise

L'intelligent d'abidjan 1:48 am

Cette journée du vendredi 23 avril 2005 commence un peu timidement, inhabituel. Comme de coutume quand je me reveille, avant même de me brosser les dents, je consulte d´abord et avant tout les sites internet des journaux du pays pour avoir les dernières informations relatives à l´évolution de la situation politique que connaît notre pays, la Côte d´Ivoire. Après Fratmat vient l´Inter puis ensuite l´Intelligent d´Abidjan. C´est donc sur la page internet du quotidien l´Inter que je lis l´annonce relative au décès de mon grand frère, ami, compatriote et confrère Louis Franck ADOU.

Subitement que tout s´immobilise autour de moi. Les oiseaux cessent brusquement de chanter. De ma fénêtre, je vois le ciel s´assombrir puis disparaît le soleil qui penait déjà à se lever. J´étais seul, confronté à moi-même. Dans la solitude je ne trouve pas de consolation puisque mon épouse est déjà partie pour le boulot et les enfants à l´école. Pour mon épouse, c´était l´homme des reportages difficiles et délicats mais qui ne réculait jamais.parce que convaincu et conscient de la grandeur l´objectif à atteindre. Pour mes enfants, c´était tout simplement « Onkel ADOU aus der Elfenbeinküste ». Cette grosse maison de cinq chambres se rétrecit brutalement autour de moi et toujours pas de mots trouvés pour me consoler dans ma peine devant le bout de papier n´annonçant la terrible et douloureuse information et plein de lettres toutes aussi mortes. Je n´ai pas d´autres récours. Après avoir essuyé les quelques larmes qui traversaient mes yeux pendant quelques heures (2 ou 3, je ne sais plus exactement), je prends la décision d´appeler sur le portable de mon ami et c´est Côte d´Ivoire Telecom avec la voix de cette Dame toujours la même qui m´accueille dans la messagérie de mon compagnon du temps de Ivoirediaspo. Je pris donc la décision d´écrire pour faire mon témoignage sur Louis Franck ADOU.

Dans cette dure et intenable épeuve de la disparition d´un homme conscient de son objectif, très ambitieux pour voir son pays s´ériger en grandes démocraties, courageux et irréductible devant sa vocation et sa conviction, je voudrais adresser mes condoléances à sa famille.

Mais aussi et surtout au journal l´Inter qui nous a permis de découvrir dans son talent la valeur accordée à l´engagement humain. Adou s´en va mais la tâche reste, celle qu´il a fait sienne. Il nous appartient de nous munir du même courage et du même engagement pour pérenniser son action. J´ai découvert ADOU en Allemagne alors que nous étions tous engagés dans le projet Ivoirediaspo (journal Online de la Diaspora Ivoirienne crée par des Ivoiriens en Allemagne) dont il fut le Directeur des Rédactions et moi son Adjoint. Jamais ADOU a emprunté des chemins tordus pour faire entendre sa pensée, cette pensée dont le fond s´enracine dans la compétence et le mérite. Par deux reprises, nous avons discuté de sa volonté de sortir du Groupe Olympe pour des raisons divergence de vision et de stratégie journalistiques. Malheureusement, je n´ai pu le convraincre du contraire. Aujourd´hui, Louis Franck ADOU s´en est allé de manière dramatique. Que Dieu le Tout puissant puisse les lui pardonner tous les faits qu´il a dû poser inconsciemment mais dans sa grande volonté de réussir sa vision tout en piétinant la volonté des autres. Que dans miséricorde il jette la lumière éternelle sur som âme aux fins de guider nous dans notre quotidien. Qu´il lui donne le statut irréversible de saint pour nous assister dans l´accomplissement de l´œuvre inachévée. Dans la coutume africaine les hommes ne meurent pas. C´est ainsi que Louis Franck ADOU, certes, l´être vivant a disparu mais ADOU le souvenir des actes humains, ADOU le souvenir des œuvres vivantes est encore vivant parmi nous. Pour ADOU, La guerre que connaît notre pays, comme pour la plus grande majorité des Ivoiriens, était injuste et ses relents rappellent forcement la dépendance économico-politique de notre pays de la France. Sans hésiter, il a toujour écrit pour mettre à nu la vérité qu´il savait sur les tenants et autres aboutissants du mal Ivoiriens mais et surtout du tort fait aux Ivoiriens. Le faisant, il n´écrivait pas comme un journaliste partisan mais plutôt comme quelqu´un soucieux d´apporter par sa plume sa participation à l´édification la nouvelle nation Ivoirienne et à l´éclatement de la vraie vérité pour l´instruction intellectuelle de ses compatriotes. C´est Jean Paul Sartre qui l´écrivait et je cite : L´intellectuel, c´est celui qui par sa plume participe de l´évolution positive de la société dans laquelle il évolue. Par ses écrits, il prend position pour dénoncer les tares de cette société. Sans compaisance ni rémords, il doit se définir un profil révélateur de ce qu´il revendique. L´intellectuel est donc la voix des sans voix pour porter tout haut le flambeau de la résitance face à l´imposture et à la soumission. Et ce port du flambeau de la conscience-de-soi ADOU l´a porté dignement tout haut sans dédain ni rancœur. Ce qui lu valut autant d´ennemis parmi les rebelles. Pour avoir connu SIDIKI KONATE à nos côtés en Allemagne, il a toujours écrit avec réalisme et vérité sur ce dernier. Aujourd´huir comme hier, le sieur SIDIKI KONATE a toujours considéré ADOU comme l´élement à abattre tant dans la diaspora comme en Côte D´Ivoire pour le bénéfice de sa tranquillité au sein de la rébellion. ADOU s´en est allé mais son action doit trouver de bonnes volontés agissantes pour la continuer en vue d´améliorer le quotidien de l´Ivoirien tout court. N´est-ce pas que ce vieille adage confirme cette pensée : Pour le triomphe du mal, il suffit que le bien ne fasse rien. Ensemble agissons pour le triomphe du bien sur le mal. Ensemble agissons pour la pérennité de l´action entamée par notre frère, ami, compatriote et ainé Louis Franck ADOU.

Pour finir, nous nous remettons au Groupe Olympe de nous tenir informer continuellement de la suite des évènements concernant ses funérailles afin de mobiliser la Diaspora Ivoirienne pour rendre honneur et cela valablement à sa mémoire.


Jean DEKPAI
Diplômé en Gestion d´entreprise
Journaliste Reporter
Ivoirien résidant en Allemagne

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