N°498:Meeting de l’Udpci à Yopougon Des violences font plusieurs blessés
Le meeting tenu par le clan Paul Akoto Yao, le samedi 30 avril 2005 au Complexe sportif de Yopougon Selmer, a été émaillé de graves incidents. Il y a eu plusieurs blessés et des dégâts matériels importants.
Il est 12 heures 45 minutes, lorsque Paul Akoto Yao, accompagné d’une forte délégation composée des membres fondateurs de l’Udpci dont Yoro Badia, Danielle Boni Claverie, Tiabas Oulaï, Edmond Zegbehi Bouazo, Eric Kahé, Mme Tia Monné, Noutoua Youdé et Mme Joséphine Lancé fait son entrée au complexe sportif de Yopougon. Sous les ovations des militants qui ont effectué nombreux le déplacement, la délégation fait le tour des 19 bâches dressées en guise “de revue des troupes”.
A peine installée, que quatre individus qui seraient proches du ministre Mabri Toikeusse, précisément un certain Yolla, membre de sa garde rapprochée et trois autres de ses amis, tous aussi proche, de Jean Blé Guirao à savoir Eugène Oulaï, le jeune Kessé dont le père (le vieux Kessé) est en fonction au siège de l’Udpci et un quatrième dont l’identité n’a pas été révélée, sèment la terreur. Malgré la présence des forces de l’ordre, ces quatre jeunes, qui voulaient en découdre avec le ministre Paul Akoto Yao, ont réussi à installer le désordre. Pendant 45 minutes, avant l’arrivée de plusieurs renforts de la police, c’était ‘’le sauve qui peut’’. ‘’Couchez-vous’’, entendait-on dire, sous des tirs nourris de kalachnikov, parsemés de cris, de pleurs. Une scène similaire aux douloureux évènements de novembre 2004 devant l’hôtel Ivoire.
Très rapidement, un cordon de policiers et de jeunes volontaires de l’Udpci encerclent les officiels en vue de les épargner de tout danger. C’est ce dispositif dissuasif qui a permis de mettre la main sur Eugène Oulaï, membre du service de sécurité de Blé Guirao et également agent à la pharmacie de la Santé publique qui s’est retrouvé derrière la bâche abritant Paul Akoto Yao et ses camarades, après avoir semé la terreur sur son passage. Quant à Yolla, il a vite été reconnu et rattrapé par ‘’ses camarades de parti’’, après son acte de sabotage. L’autel sur lequel se tenait le maître de cérémonie a été renversé, des centaines de chaises saccagées, des bâches déchiquetées, des militants molestés, des blessés, le matériel de sonorisation endommagé, des paires de lunettes, des téléphones portables, des sacs à main portés disparus. Tel un tsumani, “les quatre militants’’ ont réussi à tout mélanger sur leur passage. Il a fallu la présence du commissaire Légnan du district de Yopougon et ses hommes pour rassurer les militants gagnés, par la peur, l’angoisse et le traumatisme. Yolla et Eugène Oulaï dont la présence suspecte avait été annoncée en début de cérémonie par Jean Dion Malan de ‘’la génération Robert Guéi’’, ont été menottés et conduits à la police, après leur forfait, avec plusieurs fractures au crâne. Yolla qui a dû son salut, tout comme Eugène Oulaï, aux forces de l’ordre , a lâché ces mots avant son embarquement : “Si je suis mort, je suis mort pour la défense des idéaux du général Guéi”.
Passée la tempête, Paul Akoto Yao et les siens ont tenu le meeting d’explication sur la crise qui secoue l’Udpci, au grand bonheur des milliers de militants, revigorés par la présence de leurs leaders.
L’appel à l’union
Pour le président Akoto, “le rassemblement organisé les 9 et 10 avril 2005 par le ministre Mabri à l’Académie de la mer, n’est rien d’autre qu’un attroupement bâptisé congrès, pour effacer le général Guéi de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Un rassemblement dérisoire, inopportun, blasphématoire qui sonne la rupture avec l’ère Guéi et le manifeste de l’Udpci”. C’est pourquoi, il considère la tenue de ce congrès comme “un sacrilège voire un parricide”. Toujours selon le M. Akoto, le général Guéi voulait faire de l’Udpci, un parti national, ouvert à tous les Ivoiriens. “C’est pourquoi il m’avait choisi pour présider aux destinées de l’Udpci naissante, bien que les hommes de valeur et de talent ne manquent pas chez vous, les Wê et les Dan”. Et Paul Akoto Yao qui n’entend pas suivre les autres dans “leurs nombreuses dérives”, préfère rester fidèle au manifeste de l’Udpci, pour dire avec Saint Augustin, “que la grandeur dépend de la vérité et que la décadence dépend du niveau des vices”. Le ministre Akoto a demandé à ses partisans d’être sages et de “ne pas verser dans l’injure comme les autres le font”. Il a profité de cette tribune pour interpeller tous ceux qui disent qu’il a vendu l’Udpci au président Gbagbo. “A la vérité, j’ai eu à parler officiellement de l’Udpci au président Gbagbo, devant une délégation du parti dans la nuit des 12 au 13 mars 2003, avant la formation du gouvernement de réconciliation nationale. A cette occasion, j’avais décliné l’offre que me proposait le président Gbagbo au poste de ministre d’Etat à la Santé, pour faire nommer mon jeune frère Mabri, ministre d’Etat”. Et à Akoto de faire des précisions sur la nature d’une alliance des autres partis avec l’Udpci. “Nous sommes un parti ouvert à tous et à tout, pourvu que nos intérêts majeurs soient respectées dans le cadre des idéaux de notre manifeste et par des négociations claires en vue d’une alliance. Paul Akoto Yao peut discuter et discutera à visage découvert avec Gbagbo, Bédié, Alassane, Wodié et tous les autres leaders politiques (…)”, a-t-il dit sous les ovations des militants. Pour clore son allocution, le président Akoto a dit : “Il n’y a pas le feu dans la maison Udpci et nous finirons par nous entendre et nous comprendre. Ma mission, c’est de contribuer à cette entente et à ces retrouvailles. Avec amour, tendons-nous la main pour aller à l’unisson, à la victoire finale”.
De Noutoua Youdé en passant par Mointi Bi, Mme Joséphine Lancé, Mme Monné Bertine le ministre Yoro Badia, tous ont reconnu le président Akoto comme étant le dépositaire de l’Udpci.
Reportage Dosso Villard
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