N°498:Premier sommet national sur l’Ouest de la Côte d’Ivoire Les 5 millions de Gbagbo gâchent la cérémonie
La première sortie de la Croisée des organes de réconciliation, de réunification et de reconstruction de l’Ouest de la Côte d’Ivoire s’est terminée en queue de poisson, le samedi 30 avril au palais de la Culture de Treichville.
Le train de la réconciliation Wê-Dan est toujours en gare. Il a du mal à partir. Parce que des réglages mécaniques restent encore à faire au niveau de la locomotive. C’est ce qu’il a été donné de constater le samedi 30 avril 2005 au palais de la Culture de Trechville où se sont déroulés les travaux du premier sommet de l’Ouest de la Côte d’Ivoire sur la réconciliation Dan-Wê. A l’appel de la Croisées des organes de réconciliation, de réunification et de reconstruction de l’Ouest de la Côte d’Ivoire (Corrroci), peu de Dan et de Wê ont répondu présents. La salle qui a abrité ces assises était pleine aux 2/5. Elle s’est vidée progressivement, au fur et à mesure que les intervenants se succédaient à la tribune. Or, à en juger par la qualité des intervenants et le thème à l’ordre du jour, rien ne justifiait de tels impairs. Les ministres Hubert Oulaye, Angèle Gnonsoa, Eric Kahé, le député Noutoua Youdé et les présidents Tia Koné, Laurent Dona-Fologo qui se sont succédé à la tribune ont chacun dénoncé les activités politiciennes qui ont dressé les Dan contre les Wê. Alors que ces peuples ont tout en commun, l’a si bien précisé le ministre Kahé. “Ce qui est perdu est perdu. Mettons-nous ensemble pour aller à la paix. Vous devez ensemble, renforcer votre cohésion contre les ennemis de la Côte d’Ivoire”, a exhorté le président Fologo qui a, par la suite, fait une incursion dans l’actualité politique : “N’ayons pas peur, allons aux élections. Je ne pense pas que ceux qui ont fait couler le sang de la Côte d’Ivoire gouverneront la Côte d’Ivoire. Ceux qui ont eu peur du référendum auront peur des élections. Alors, aidons le président de la République à tenir ses engagements de Pretoria”, a-t-il poursuivi. “Le chef Sénoufo qui s’adressait à ses esclaves Dan et à ses frères Wê”, leur a remis 5 millions de Fcfa de la part du chef de l’Etat, haut patron de ce sommet, pour soutenir cette action. Et a précisé : “Cet argent doit aussi servir aux frais de transport retour des chefs traditionnels ici présents. Ils doivent rentrer sains et sauf chez eux”. Cette recommandation du représentant du chef d’Etat est tombée dans des oreilles de sourds. Car, dès que les officiels se sont retirés de la salle, ce fut la débandade. Puisque les uns et les autres cherchaient la destination du don présidentiel. Vers la fin, personne n’a su qui au comité d’organisation a gardé l’argent. Abandonnés à eux-mêmes, les chefs traditionnels menaçaient d’aller rendre compte à leur “fils Fologo”. Pendant que les nombreux artistes invités à cette cérémonie faisaient voir de toutes les couleurs à Nédy Djerth, leur interlocutrice, incapable de payer leurs cachets. N’ayant rien reçu de la part des organisateurs à cet effet.
Dans les couloirs du palais de la Culture, Dan et Wê juraient par tous les dieux de le faire payer à Mme Kaka, la présidente du comité d’organisation. Il était 22 heures 25 minutes quand nous quittions ce champ de bataille.
Barthélemy Téhin
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