N°500: Togo: après son investiture Faure doit réconcilier les Togolais
Le nouveau président togolais Faure Gnassingbé, qui succède après trois mois de crise à son père le général Gnassingbé Eyadéma, va devoir s’atteler à la constitution d’un gouvernement d’union nationale que rejette toujours la coalition de l’opposition radicale.
Vainqueur d’une élection contestée face à Emannuel Akitani Bob, l’un des ténors de l’Union des Forces de changement (UFC, opposition radicale), Faure Gnassingbé a répété durant la campagne électorale qu’il souhaitait un gouvernement d’union et d’ouverture “pour réconcilier les Togolais” après la présidentielle.
Le jour du scrutin, le 24 avril, il déclarait ainsi qu’il souhaitait travailler “avec des ministres issus de tous les partis politiques”, reprenant une solution avancée et soutenue par la médiation ouest-africaine, plusieurs pays occidentaux (comme les Etats Unis et la France), ainsi que l’Union européenne.
“Je crois qu’aujourd’hui, vu nos difficultés, il faut nous retrouver tous au sein du gouvernement et redonner une image positive au pays”, avait ajouté le président investi officiellement mercredi pour un mandat de cinq ans.
La coalition de l’opposition radicale emmenée par l’UFC, la principale formation de l’opposition que préside l’opposant historique Gilchrist Olympio, rejette toute idée d’entrer dans un tel gouvernement d’union nationale, estimant que la victoire lui a été “volée”.
Elle a d’ailleurs déposé une demande en invalidation du scrutin et appelé “à résister” par des moyens légaux, selon l’expression du secrétaire général de l’UFC Jean-Pierre Fabre, qui n’a toutefois pas donné de mot d’ordre précis à ses partisans.
“Je lui (Faure Gnassigbé) promets que nous résisterons, nous ne le laisserons pas faire, je lui promets des insomnies”, a averti M. Fabre à l’annonce des résultats définitifs mardi.
Le dialogue paraît donc compromis pour le moment avec l’opposition radicale, malgré un premier et bref contact à Abuja, le 25 avril au lendemain du scrutin présidentiel entre Faure Gnassinbé et Gilchrist Olympio, sous l’égide du président nigérian Olusegun Obasanjo.
En revanche, les contacts avec les formations modérées d’opposition pourraient “se révéler plus fructueux” pour la formation d’un gouvernement élargi, selon des observateurs à Lomé.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Charles Kondi Agba a déclaré mardi à la presse française que “des discussions ont déjà eu lieu entre Faure Gnassingbé et des membres de l’opposition”.
Le ministre a toutefois montré les limites des concessions que le nouveau président était prêt à faire, soulignant qu’il n’était “pas question de nommer un gouvernement provisoire comme le demande l’opposition radicale et d’organiser ensuite une nouvelle élection présidentielle”.
Il a cependant précisé que Faure Gnassingbé était “disposé à organiser des élections législatives anticipées”, comme son père (décédé subitement le 5 février à 69 ans après 38 ans de pouvoir) l’avait promis à la fin de l’année dernière.
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