9/5/2005

N°502: L’Editorial: Par Assé Alafé Incertitudes sur le respect de la date de la présidentielle Le désarmement coince semble-t-il.

L'intelligent d'abidjan 4:40 am

La fixation d’une date précise pour le démarrage du processus pose problème. Cela n’étonne pas certaines personnes, dans le camp présidentiel, qui ont toujours pensé que le vrai objectif des Forces nouvelles est de chasser non seulement Laurent Gbagbo du pouvoir, mais aussi d’empêcher toutes les forces anciennes de profiter du pouvoir d’Etat.

Vu sous cet angle, le désarmement retardé ne fait l’affaire de personne.

Ni Gbagbo, certes, mais non plus Bédié et Ouattara.

On se demande à quoi peut alors avoir servi le viol positif de la constitution, si l’on est encore dans des débats sans fin et interminables, si l’on part de séminaire en séminaire, de réunion en réunion.

Le viol positif de la constitution n’a servi à rien pour le moment. Et depuis la fixation de la date de la présidentielle, le sentiment est réel que certains acteurs font tout pour empêcher que les échéances soient respectées.

Le respect du processus, tel que prévu sur papier avec le début du désarmement à partir du 14 mai, ne résout même pas tous les problèmes.

Avant la fin du DDR, il sera difficile de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et notamment, dans les zones sous contrôle des Forces nouvelles. Apparemment, personne n’est dupe.

Autant dans les salons et à voix basse des partisans du G7 commencent à se rendre compte que la date du 30 octobre sera difficile à tenir, déplorant que leur leader n’aient pas voulu sortir à Pretoria du cadenas constitutionnel mis en place par le chef de l’Etat, autant l’on apprend que Laurent Gbagbo, muni de l’article 48, sait bien là où il va.

Le chef de l’Etat ivoirien qui, malgré les apparences, redoutait l’échéance du vide constitutionnel, est soulagé d’avoir obtenu la caution de tous, pour la date du 30 octobre, alors même qu’il sait, apprend-t-on, que ce sera difficile.

Dès lors évidente, la responsabilité d’un retard éventuel ne pourrait être imputée à Laurent Gbagbo qui donne le sentiment d’avoir lâché le gros morceau, avec cette décision

de rendre éligible le mentor du RDR et tous les autres signataires des accords de Marcoussis, qui a été perçue comme une avancée majeure, dans plusieurs capitales et qui a dopé le RDR.

Le vide constitutionnel que pourrait créer la non-tenue de la présidentielle le 30 octobre ne peut donc être une occasion pour tenter de dépouiller le chef de l’Etat, accroché à l’article 48, et à la constitution, dont le respect et la défense n’ont pas souvent été la tasse de thé du G7.

A dire vrai, la fixation de la date du 30 octobre pour la prochaine présidentielle, était l’une des décisions les plus difficile à prendre.

Puisque, selon la constitution, cette décision ne peut être prise qu’en conseil des ministres, sur proposition de l’organe chargé des élections et non par simple décret présidentiel.

Le chef de l’Etat a réussi à entraîner tout le monde dans cette aventure.

Le G7 compte-t-il sur le réaménagement de la CEI, pour pousser l’institution à faire des propositions de nouvelles dates ? Mais, là encore, à la manière de Ponce Pilate, Laurent Gbagbo s’en lavera les mains, et gare à celui qui parlera de vide constitutionnel et voudra l’empêcher de jouir de toutes les prérogatives de chef de l’Etat jusqu’à l’élection du nouveau président.

Bien entendu, le désarmement ne peut pas attendre pendant ce temps.

Il faut bien le démarrer, pour permettre au processus électoral, politique, administratif et divers de se déployer.

En temps normal, en temps de paix, le processus électoral est émaillé de difficultés.

Il est évident que ces difficultés sont multipliées et accrues, du fait de la situation de crise que connaît la Côte d’Ivoire.

Les uns et les autres ont intérêt à cesser de jouer le temps, pour accomplir leur part de responsabilités, pendant qu’il est encore temps.

Entre-temps, il est loisible de constater que le débat de fond est désormais occulté.

En mettant l’accent sur la candidature de Ouattara et sur sa seule éligibilité, médiateurs et protagonistes de la crise ivoirienne ont occulté la question essentielle à nos yeux:le choix entre une Côte d’Ivoire ouverte et fidèle à son histoire, forte, leader dans la sous-région, sachant fusionner et intégrer les apports de tous pour être fidèle à son hymne national d’une part ; et une Côte d’Ivoire recroquevillée sur elle-même, toujours en alerte et dans l’angoisse du coup d’Etat permanent et de la déstabilisation perpétuelle, d’autre part.

Qui de Laurent Gbagbo, de Bédié et de Ouattara saura incarner la Côte d’Ivoire rêvée de tous ? Au-delà du choix entre candidats de l’étranger et ceux de la Côte d’Ivoire, le vrai enjeu est de trouver un président citoyen, qui rassure toutes les couches de la population, les voisins et l’étranger.

Elu par les citoyens ivoiriens, le prochain président de la République, même s’il a été candidat de l’étranger, ne peut pas aliéner la souveraineté et la liberté de son peuple. Si tant est que ces notions aient encore du sens, pour des pays qui attendent tout ou presque de l’étranger.

Par contre, si l’élu des Ivoiriens, au détriment des candidats en intelligence avec l’étranger (France, Burkina, Mali et autres) est le candidat du peuple, le candidat national, il ne doit pas du tout oublier l’urgence qu’il y’a de transformer l’hostilité extérieure en partenariat en faveur de son pays.

En vérité, les Ivoiriens ont besoin d’un président élu par eux, certes, mais qui soit à la fois leur candidat et celui de l’étranger, pour leur apporter la paix, le bonheur et le développement.

Le prochain chef de l’Etat qui sera élu, doit être certes enraciné dans son pays, mais aussi disposer de moyens et d’atouts pour arrimer le pays sur la scène internationale, sans qu’il soit question de brader quoi que ce soit.

Il ne faut plus se presser et se lamenter au sujet du 30 octobre, au cas échéant.

Les défis qui attendent le pays et les générations à venir commandent de se donner le temps qu’il faut, pour régler et vider les contentieux qui traversent la société ivoirienne.

4 Comments »

  1. Si une partie de votre analyse semble juste, il n’est pas logique de penser qu’un chef d’Etat soit élu pour plaire à son peuple et aux peuples voisins.L’exemple palpant est celui de Bush : destesté à l’extérieur et particulièrement en France à cause de la guerre en Irak, il a été largement élu par son peuple, car c’est auprès de ce dernier qu’il rend compte que ça plaise ou pas à l’extérieur…Un peuple prend ses responsabilités….et les assume

    Comment par Le penseur — 9/5/2005 @ 2:07 pm

  2. Vous avez certes reveler des points vrais, mais sachez que de nos jours, les pays africains ont changes, la guerre froide est fini,nous pouvons chercher ailleurs nos partenaires ; jusque la nous avions des rapports de maitres A esclaves avec la france, la nouvelle gene- eration en a ras-le bol ! Quand aux pays limitrophes, c’est plutot de l’envie et de la jalousie, peut importe ce qu’on leur offrira, ils ne nous aimerons point… Nous voulons un homme du peuple.

    Comment par anin — 9/5/2005 @ 9:50 pm

  3. Oui , nous voulons un homme du peuple qui nous connait , à qui nous avons confiance . Votre analyse ne m’émeut pas outre mésure , car la réélection de Mr Bush est une bonne réponse à votre article…

    Comment par zibido — 9/5/2005 @ 10:21 pm

  4. COMPARAISON N’EST PAS RAISON====== ET L’ELECTION DE BUSH EST L’EXEMPLE QUI NE SIED PAS DU TOUT A VOTRE THESE.=========CAR BUSH A ETE ELU PARCE QU’IL A EU LE SOUTIENT DES AMERICAINS D’ORIGINE ETRANGERES ET LES GRD GROUPES IMMIGRANTS COMME LES NOIRS LES PORTO RICAINS ET LES JUIFS ET LES ASIATIQUES NATURALISES AMERICAINS.======SI BUSH ATTENDAIT LES VOIX DES AMERICAINS CONSIDERES COMME “AUTOCHTONES”IL NE PASSERAIENT JAMAIS CAR CES DERNIERS SONT MINORITAIRES.AVANT DE FAIRE DES COMPARAISONS IL FAUT FAIRE L’EFFORT D’ALLER AU FONDS DES CHOSES.IL FAUT VOUS RENSEIGNER SUR LA PART DE CES GDS GROUPES DANS LES SUFFRAGES EN FAVEUR DE BUSH.DONC EN CI CE NE SERAIT PAS UN PROBLEME DE CANDIDAT DE L’ETRANGER OU QUE SAIS-JE ENCORE MAIS====== LE PROCHAIN PRESIDENT SERA CELUI DE LA MAJORITE DES IVOIRIENS QU’ILS SOIENT MULTISECULAIRES OU PAS.AINSI ON POURRA DIRE QU’IL EST===== UN PRESIDENT DEMOCRATIQUEMENT ELU ET LEGITIME.C EST CE QUI A MANQUE A GBAGBO.

    Comment par LA MEMEE VERITE — 9/5/2005 @ 11:31 pm

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