N°502: Sénégal : annulation de la dette de l’Afrique Les argentiers africains lancent un appel à Dakar
Les ministres africains de l’Economie et des Finances ont lancé, le samedi 8 mai 2005 à Dakar, un appel en faveur de l’annulation de la dette du continent et se sont engagés à assurer une bonne gestion des économies africaines, à combattre la corruption et à lever les obstacles au commerce intra- africain.
Dans une déclaration publiée à l’issue d’une conférence sur la dette africaine, la pauvreté et le financement de l’Union africaine (UA), ils ont appelé à une solution durable pour juguler l’endettement de l’Afrique qui “annihile” les efforts de développement du continent.
“Nous lançons un appel pour l’annulation de la dette africaine (afin) de permettre un meilleur financement de nos économies pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement
(OMD)”, indiquent-ils dans la déclaration. Ils sont aussi persuadés que l’Afrique pourrait assurer le décollage de son économie si le niveau de sa dette était gérable et surtout si la suppression de la dette n’entraîne pas une réduction du niveau de l’aide. Mais, indiquent-ils, “l’Afrique s’éloignera de plus en plus des OMD si les engagements de la communauté internationale pour l’aider à les atteindre ne sont pas respectés et si le fardeau de sa dette extérieure n’est pas substantiellement allégé”.
Par ailleurs, les argentiers africains ont déploré les inégalités dont souffre l’Afrique au niveau du commerce international à cause des barrières tarifaires auxquels sont confrontés ses produits destinés aux marchés occidentaux.
“Les pays riches, tout en prêchant les vertus de l’économie de marché, continuent de subventionner leur agriculture, de déverser sur les marchés africains des produits subventionnés dont les substituts locaux existent, ce qui porte préjudice à la production nationale et confine les paysans africains dans la pauvreté et la misère”, déplorent-ils. Sur le financement de l’UA, les ministres de l’Economie et des Finances ont exprimé leur adhésion à la proposition de l’Union africaine de trouver des sources de financement additionnelles à celles des Etats membres pour financer les divers programmes de l’organisation continentale. Concernant la réalisation des OMD d’ici à 2015, ils ont pris l’engagement de réformer les économies africaines et de promouvoir les politiques ou stratégies d’intégration économique. S’agissant du rapport de la Commission Blair pour l’Afrique, ils ont souligné que ce document est complémentaire aux efforts déployés par les Africains dans la lutte contre la pauvreté.
“Ce rapport offre à notre continent une autre opportunité pouvant
l’aider, non seulement à atteindre les ODM, mais encore à retrouver la croissance et parvenir au développement durable”, ont fait remarquer les ministres de l’Economie et des Finances du continent qui ont invité l’UA à intégrer ce rapport dans le programme du NEPAD.
On rappelle que cette rencontre, qui s’est tenue en présence du président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré et du chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, a été précédée, les 4 et 5 mai derniers d’une réunion préparatoire des experts sur le même thème. Les conclusions de ces rencontres seront présentées aux chefs d’Etat africain lors du prochain sommet de l’Union africaine qui se tiendra en juillet 2005 à Syrte, en Libye.
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